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 Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson

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ChristianK



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Religion : catholique
Date d'inscription : 16/07/2007

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MessageSujet: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyMer 12 Juin - 21:16

Mémoires et souvenirs de Mgr Masson.

Je republie ces documents pour qu'ils puissent servir de source historique de la période postconcilaire. Je commenterai un peu.

Origine: http://hermas.over-blog.org/



D'abord, une intro:

-----------------

Du témoignage sur le passé à l'attestation par le présent : la logique persistante de la crise dans l'Eglise

7 NOVEMBRE 2009




Il n'est pas rare que nos lecteurs, à la lecture des textes que nous publions - en particulier les témoignages de Mgr Masson - nous écrivent pour nous poser cette question : est-ce possible ? Ce que vous écrivez est-il vrai ?



Ces questions sont à double niveau.

Le premier concerne le témoin lui-même.- Un témoignage, en effet, c'est d'abord un témoin. Quelqu'un narre ce qu'il a vu, ce qu'il a entendu. L'histoire toute entière est édifiée notamment sur le témoignage humain. Des contemporains d'un événement, d'un homme, d'un fait, d'une guerre, racontent l'expérience directe qu'ils en ont eue.

L'authenticité du témoignage repose sur la crédibilité du témoin. Cette crédibilité s'accroit à proportion de la proximité du témoin à l'événement rapporté, et du sérieux qui peut lui être reconnu. En l'espèce, s'agissant des témoignages de Mgr Masson, ni ce sérieux, ni cette proximité ne peuvent être niés. II suffit de relire la présentation que nous avons jadis donnée de lui pour s'en convaincre. Ils sont ainsi dignes de foi. Il le sont d'autant plus, hélas, qu'ils s'insèrent dans un vaste champ de témoignages analogues se rapportant à la même période, à propos d'autres acteurs, ou d'autres expériences. Crédibles intrinsèquement, ces témoignages sont ainsi validés extrinsèquement. Reste alors à ceux qui nient les faits rapportés à établir qu'ils n'étaient pas possibles ou qu'ils n'ont pas eu lieu.

Le second concerne les événements rapportés.- Nul plus que nous, nul plus que Mgr Masson lui-même ne souhaiterait que ces faits n'eussent jamais eu lieu. D'aucuns, d'ailleurs, s'appliquent sur ce point au déni de l'histoire, comme d'autres (ou les mêmes parfois) s'appliquent au déni des monstruosités du communisme. La chape de plomb du non-être leur paraît préférable, qui tout à la fois déresponsabilise et justifie. Un passé, quel passé ? Des injustices, quelles injustices ?  Ne vous occupez pas de cela, occupez-vous du présent, tout est normal.

Pourtant, ce passé a existé, et il a fait ses blessures, en ses bourreaux et en ses victimes. Nous  portons ces blessures en nous, en nos psychologies, en nos histoires. Elles ont contribué à l'édification de ce que nous sommes, à notre façon de voir le monde, à la sensibilité de notre foi. Elles ont creusé en nous ce que nous sommes. Mais ce n'est pas assez dire : elles ont aussi creusé en l'Eglise ce qu'elle est aujourd'hui.

La désacralisation du sanctuaire, l'envahissement du naturalisme, l'énervement de la foi, le recul du christianisme, l'assèchement des vocations sacerdotales, tout cela s'est joué dans la cause de ces souffrances individuelles et collectives, et cette cause a des auteurs, a des acteurs, que les témoignages rapportés décrivent et rappelent à la mémoire.

Cet exercice n'aurait peut-être pas sa place ici si cette cause n'exerçait toujours sa vertu - si l'on peut dire. Mais elle l'exerce de fait, toujours. Les phénomènes qui viennent d'être évoqués ne laissent pas d'être actuels, et la cause qui les a provoqués perdure dans le temps, avec, est-on désolé de devoir l'ajouter, les mêmes malignités.

Mgr Masson a rapporté l'ignoble propos d'un évêque de France, à propos de Mgr Lefebvre : "On le poussera au schisme". Cela paraît-il invraisemblable ? Voici qu'en écho, d'autres témoins - de l'actualité ceux-là (1) - rapportent ces propos de Mgr Gueneley, évêque de Langres : "Monseigneur Centène, on l’a fait plier. Monseigneur Aillet, on lui donne trois ans. Après, nous verrons. Dominique Rey, son diocèse finira par couler". Mgr Cattenoz, en d'autres temps qui ne sont pas si lointains, a été  lui aussi l'objet de telles appréciations "charitables". Les évêques visés ne sont pas les mêmes, les locuteurs ne sont pas les mêmes, mais l'esprit, lui, demeure. Un esprit dont il est difficile de se convaincre qu'il soit de Dieu. De la rage à attendre le faux pas provoqué de Mgr Lefebvre à l'attente de la chute d'évêques dont le catholicisme répugne, et qui est pourtant authentique et a les bénédictions du Pape, il y a filiation parfaite. La cause opérante est toujours active.

Ce constat est sans doute la meilleure réponse à apporter à qui s'interrogerait sur la crédibilité des témoignages apportés par Mgr Masson sur le passé. L'actualité toute chaude les valide.

Pour montrer à quel point cette affirmation est fondée, nous allons republier un article qui a paru sur Hermas.info, à propos des thèses d'un Père jésuite, le Père Fourez, au sujet de l'eucharistie. Un thème vital pour l'Eglise, vital pour notre foi,crucial dans la crise de l'Eglise. Imaginerait-on que des horreurs soient dites publiquement à ce sujet très saint, par des personnages ayant pignon sur rue, autorité, chaire d'enseignement ? Est-ce plus invraisemblable que ce que raconte Mgr Masson ? Non, assurément. Eh bien cela est, et il est bon de s'en souvenir, il est bon de le savoir.


Pierre Gabarra

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Dernière édition par ChristianK le Mer 12 Juin - 21:24, édité 1 fois
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ChristianK



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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyMer 12 Juin - 21:23

[Mgr Jacques Masson / Hermas] Mémoires de temps de crise: Comment je suis devenu prêtre... tout en portant la soutane.




SOURCE - Mgr Jacques Masson, publié par le site Hermas - 15 juillet 2009


COMMENT JE SUIS DEVENU PRETRE...TOUT EN PORTANT LA SOUTANE - par Mgr Jacques Masson


Il n'est pas rare, quand on parle avec des personnes qui n'ont pas connu les temps de crise des années 60-70, que ce soit des prêtres ou des laïques, de se heurter sur ce sujet à l'incrédulité. On brode, on exagère, en tout cas on dérange. On dit "n'importe quoi". Rappeler ces choses, en toute hypothèse, n'est-il d'ailleurs pas déjà une marque "d'intégrisme" ? La révolution de ces années noires a bien fait son oeuvre dans les esprits. Comme toutes les révolutions finalement embourgeoisées ou entrées dans les voies du conformisme, celle-ci a généré chez les moins enclins aux bouleversements des réflexes primitifs de rejet à l'égard de toute critique rétrospective, comme si l'Histoire avait définitement tracé une frontière entre les bons [dont ils font évidemment partie] et les méchants qu'il paraitrait en quelque sorte impudique de remettre désormais en cause.


Selon cette Histoire qui, comme le souligne un de nos lecteurs, est ici aussi devenu une histoire officielle, quoique partiellement non écrite, la modernité avait un compte à régler avec le passé, et elle en a triomphé, non pas par le Concile, que ses zélateurs intolérants n'ont ni lu ni eu l'intention d'appliquer, sans quoi il les aurait conduit au respect de la langue latine, du chant grégorien, de la réforme liturgique et de l'enseignement ecclésiastique, pour ce citer que ces domaines, mais par l'Esprit du Concile, idéologie parricide du désordre, de l'inventivité, du sacrilège, du scepticisme et de la recherche en roue libre qui a à ce point pu inquiéter le Pape Paul VI qu'il a évoqué les « fumées de Satan » entrées dans l'Eglise. Le Diable s'est fait Tartuffe pour ruiner la Maison commune, invoquant, pour y parvenir, un Concile dont l'objet était de la réformer dans les voies de la sainteté. On était trop occupé à se débrailler et à rire à sa suite, et à se gonfler d'esprit propre et de recherche de soi-même pour apercevoir ses pieds de bouc. Aujourd'hui encore, l''aveuglement est tel que ces destructions sont parfois encore considérées comme des maux nécessaires, des accidents de l'histoire, davantage imputés, encore et toujours, au passé abhorré, dont ils n'ont fait qu'exprimer le rejet, qu'à leurs causes véritables : la sottise, l'immense, la supine et orgueilleuse sottise de tant de clercs.


Un jour, la très difficile histoire de ces temps cruels sera écrite sans complaisance. Mgr Masson nous en raconte ici quelques souvenirs, avec humour. Des exemples parmi d'autres, parmi une foule d'autres. Qu'il en soit cordialement remercié.


P. Gabarra

----------------------------

mgr Masson


Je suis entré au séminaire Saint-Sulpice fin septembre 1963, à la fin de mon service militaire. Depuis le mois de janvier 1963, nouveauté dans l'Eglise, en France notamment, le clergyman était permis. Ô miracle, comme si le mot d'ordre avait été donné auparavant, la plus grande partie des prêtres et des séminaristes se sont retrouvés en clergyman dès le lendemain de la publication du texte le permettant, à certaines conditions : col blanc, couleur noir ou gris foncé.


Je terminai mon service militaire à l'Etat-major du Train, à Metz, après avoir servi en Algérie jusqu'au moment de l'Indépendance. J'étais arrivé à la caserne en soutane, au mois de nombre 1962, et j'en suis sorti en soutane, à la fin du mois de mai 1963, avec les compliments du Lieutenant-colonel pour ma fidélité à « l'habit » qui était pour lui « comme un drapeau ».


Mon arrivée à Saint-Sulpice en soutane fit impression. J'ai su, plus tard, que plusieurs séminaristes étaient allés informer aussitôt le Supérieur qu'un « intégriste » était arrivé au séminaire. Je passe sur l'effondrement du séminaire, règlement, vie liturgique, cours, une véritable révolution faite en un mois, au mois d'octobre, le Mois du Rosaire, par un groupe de séminaristes, déjà en polos, le corps professoral n'osant pas réagir.


L'année 1964 fut décisive pour moi : 2° année de théologie. Elle était importante car elle se terminait au mois de juin par l'ordination au sous-diaconat (si le conseil des professeurs vous en jugeait digne !), « le pas » comme on l'appelait, que l'on faisait, en s'engageant au service du Seigneur, en se consacrant à Lui corps et âme, dans le vœu de chasteté. On appelait cela « faire le pas », car l'Evêque, lors de la cérémonie, demandait aux candidats au sous-diaconat, s'ils étaient d'accord pour s'engager librement dans cette voie du célibat et de la chasteté, d'avancer d'un pas : « huc accedite ».


Au mois d'octobre 1964, le Père Longère, supérieur du cycle de théologie me convoqua dans son bireau, et s'adressa à moi en ces termes : « Jacques, vous le savez, je vous aime bien »... Quand un discours commence de la sorte, méfiez-vous, il y a un MAIS !


Celui-ci n'a pas manqué : « MAIS, je dois vous dire sincèrement que si vous ne vous mettez pas en clergyman, le conseil des professeurs ne vous appellera pas au sous-diaconat : il considèrera que c'est de l'orgueil, et que vous allez contre le Concile (sic ! note : le Concile Vatican II avait commencé le 11 octobre 1962, un avant auparavant).


Je fis alors remarquer au Père Longère que les Statuts Synodaux déclaraient que la soutane était l'habit normal et habituel du clerc, et que le clergyman était seulement autorisé. Il me répondit : « C'est vrai, mais étant donné que tous vos confrères, et les Pères eux-mêmes ont adopté le clergyman, votre attitude sera considérée, je vous l'ai dit, comme un entêtement, comme de l'orgueil ».


Je déclarai alors au Père Longère que j'étais d'une famille d'humble origine (Papa étant peintre en bâtiments aux Brasseries de Champigneulles), à la différence de la plupart des autres séminaristes dont les parents avaient tous des situations aisées dirais-je. Que, se présenter avec un costume noir ou gris dans mon village, c'était porter « l'habit d'un riche », l'habit que les gens du village revêtait pour les grandes cérémonies, les grandes occasions ; alors que la soutane, elle, permettait de passer dans tous les milieux. Que cela choquerait !


- « Jacques, si vous ne vous mettez pas en clergyman, vous ne serez pas ordonné sous-diacre, et vous en deviendrez jamais prêtre, me répondit le Père Longère ».


- « Monsieur le Supérieur : est-ce un désir ou un ORDRE ? »


- « Je ne peux pas vous donner un ordre, car, comme vous l'avez dit, les Statuts Synodaux précisent bien que la soutane est l'habit normal pour le clerc et pour le prêtre ».


- « Vous êtes le Supérieur ! Est-ce un désir ou un ORDRE. Donnez-moi l'ordre, et j'obéirai ».


- « Je ne peux pas vous donner l'ordre. Mais, je vous le répète, car je vous aime bien, si vous ne vous mettez pas en clergyman, vous ne serez pas ordonné sous-diacre. Croyez-moi ! ».


Quelques secondes de réflexion, de prière plutôt (Paris vaut bien une Messe !). Puis je déclarai au Père Longère :


- « Monsieur le Supérieur, étant donné que vous ne pouvez me donner l'ordre de me mettre en clergyman, et étant donné d'autre part qu'il serait imprudent de ma part de ne pas vous écouter et de ne pas me "mettre" le clergyman, car mon sacerdoce en dépend, je vous propose un compromis : Etes-vous d'accord sur le principe ? »


- « Je suis d'accord ! »


- « Alors, j'accepte de porter le clergyman, en signe de docilité au désir exprimé par mon Supérieur, même s'il ne peut m'en donner l'ordre : mais, une fois par mois : le dernier dimanche du mois ! Acceptez-vous ? ».


- « Absolument, et je vous garantis que vous serez appelé au sous-diaconat ».


- « Un point encore, Monsieur le Supérieur : mes parents sont des gens d'origine modeste, et je ne puis leur demander de me payer un clergyman ! »


- « Pas de problème, me répondit le Père Longère, le Séminaire vous le paiera ».


Avec des amis chez qui je me « réfugiais » à chaque sortie, le jeudi notamment et le dimanche également, nous allâmes ensemble acheter "mon" clergyman. Nous sommes allés au « Bon Marché », et j'ai choisi le vêtement le plus cher, gris très foncé.


Chaque dernier dimanche, à 12 h 10, je revêtais le clergyman, et je descendais au réfectoire, sous les quolibets de mes « confrères ». A la fin du repas, les professeurs nous précédaient, et saluaient les séminaristes qui voulaient leur parler. Je les saluais les uns après les autres. Puis, je remontais dans ma chambre, enlevais le clergyman, remettais la soutane, et je sortais dans Paris, avec mes amis.


J'ai porté le clergyman de la fin du mois d'octobre à la fin du mois de juin (ensuite je partis en vacances en Lorraine), puis une fois au mois d'octobre, par prudence, car il y avait l'appel au diaconat, le premier degré du sacerdoce. J'ai été appelé au diaconat, que j'ai reçu le 30 octobre 1965.


Et c'est ainsi que j'ai été ordonné prêtre le 25 juin 1966 !


J'ai alors cessé de porter le clergyman. Je le possède toujours, notez-bien, 44 ans plus tard, toujours aussi neuf, toujours aussi chic, comme souvenir de « la Grande Persécution » comme écrivaient les prêtres réfractaires à la Révolution sur les registres secrets des actes de baptême et de mariages, administrés en secret et au risque de leur vie, et de la vie de leurs fidèles (et parmi lesquels se trouvaient déjà, bien sûr, mes ancêtres... des "réfractaires !", « Bon chien chasse de race ! »


Une anecdote encore, dans la même ligne pour montrer l'acharnement contre la soutane qu'ont connu ces années-là : pendant l'année de diaconat, j'avais été affecté, pour exercer mon ministère de diacre, à la paroisse Saint-Ambroise, à Paris, une grande paroisse. J'y assurais homélies et baptêmes, chaque dimanche. Tout le clergé était en clergyman, bien entendu, sauf le Curé, si ce n'est de temps en temps ; il était âgé, on le lui pardonnait !


Un dimanche, L'Archevêque de Paris, Mgr Veuillot est venu à Saint-Ambroise pour administrer le sacrement de la confirmation. Après avoir célébré moi-même un bon nombre de baptêmes, une dizaine, je m'en souviens, j'arrivai à la salle-à-manger, avec le Curé de la paroisse. Tous deux étions revêtus de notre soutane. Mgr Veuillot était là, qui nous attendait, vêtu quant à lui d'un clergyman.


Le pauvre Curé, tout gêné, demanda alors à Mgr Veuillot de bien vouloir l'excuser d'être en soutane : « Excusez-moi, je vais me changer ».


L'Archevêque de Paris lui fit cette réponse, si expressive du climat de cette époque et de la charité réservée à ceux qui n'étaient pas dans le "sens de l'histoire" : « Vous avez raison, ALLEZ VOUS HABILLER EN HOMME ! » (sic). A table, j'étais en face de lui, seul à demeurer en soutane. Mgr Veuillot ne m'a cependant pas adressé une seule parole et ne m'a pas davantage salué à son départ.


Mgr Jacques Masson

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Rédigé par Mgr J. Masson et publié depuis Overblog




La paroisse Saint Jean Baptiste de Nemours








Saint-Jean Baptiste de Nemours





           Bref, au mois de septembre je me retrouvais comme vicaire à la paroisse Saint Jean Baptiste de Nemours : une très belle Basilique gothique. J’étais chargé notamment de l’aumônerie du Lycée mixte qui accueillait plus de mille élèves. Inutile de dire le désarroi des séminaristes de Sainte-Marie ! Mais ils ont maintenu le contact, malgré la distance, et sont venus me voir régulièrement. Ce qui explique la suite.



           Les paroissiens de Nemours m’ont très bien accueilli, et, très vite, des réunions de prière (avec récitation du chapelet), se sont multipliées dans des familles qui se regroupaient pour cela. Avant de prendre contact avec le Lycée, la rentrée n’était pas encore faite, j’ai reçu une visite inattendue : mon prédécesseur. Il était tout simplement venu me donner un« conseil fraternel » en me sommant de me mettre en civil, « sinon j’allais détruire tout le travail qu’il avait fait pendant des années au lycée ». Je lui ai demandé « fraternellement » de bien vouloir s’en aller, et de s’occuper de ses affaires.



           Première journée au Lycée : j’étais arrivé un peu avant l’heure dans la salle de classe qui m’était attribuée. L’heure tournait, et personne ne venait. Je pris mon chapelet et commençais à prier. Une fille d’une quinzaine d’année arrive et me déclare sans ambages : « Voilà, je vais être franche avec vous. Je viens en ambassade, envoyée par mes copains et copines. Si vous me ‘plaisez’, tous viendront. Sinon, personne ne se déplacera ».



           Je la fis asseoir, et nous avons parlé très simplement. Au bout d’une demi-heure, elle me dit : « Vous me plaisez, vous êtes ouvert, sympathique, ON viendra, toutes les classes viendront ! ». Les cours ont alors commencé, avec une affluence croissante. J’ai jugé qu’il était plus judicieux de leur demander de me poser les questions qui les préoccupaient, qui les intéressaient. Et nous avons eu de bonnes conversations, au cours desquelles j’ai pu me rendre compte ( déjà !) de leur ignorance religieuse complète !



           La glace a vite été brisée. J’attendais une question qui vint au bout de deux mois : « Pourquoi portez-vous la soutane ? ». C’était évident. J’ai expliqué. Et voici ce que me répondit la jeune fille qui était venue en ambassadrice : « Mon Père, vous nous plaisez, et vous n’êtes pas ce qu’on nous avait dit de vous. Le précédent aumônier nous avait averti qu’il allait être changé, et que son successeur serait un prêtre en soutane, aux idées arriérées, et qu’il serait bon de boycotter’ ses cours, de ne pas y assister, pour lui donner une leçon. On a vu que ce qu’il nous avait dit de vous n’était pas vrai, et, je dois vous dire que tous mes copains et copines sont contents de la manière dont vous leur présentez la religion, de la manière avec laquelle vous répondez aux questions que nous nous posons dans notre vie.VOUS ÊTES UN PRÊTRE MODERNE ET QUI CROIT À CE QU’IL FAIT. Vous nous plaisez ! ». Je n’en revenais pas !



Paroles de jeunes !



Au mois de mai 1969, il y eut un sursaut du mois de mai 1968 : le Lycée était fermé, bloqué par un piquet de grève composé d’étudiants et d’élèves. Je suis allé quand même au lycée, en garant ma voiture à l’extérieur. Devant le piquet, l’un me dit : « Nous sommes en grève, il n’y a pas de cours ». Je lui réponds : « Je ne fais pas de cours, je parle de religion, de Dieu, et je ne suis pas payé pour cela ! ». « Oui, c’est vrai, répond un autre : laisse-le entrer, lui, ce n’est pas pareil ! » Et j’ai fait cours, la seule salle de classe éclairée, des jeunes grévistes ayant même quitté le piquet de grève pour venir assister au « cours ». Un groupe de surveillance de la grève, voyant une salle de cours éclairée, se présente pour faire respecter l’ordre de grève : « Oh, excusez-vous ! Vous, ce n’est pas pareil. Et surtout, ne partez pas, car après cette heure de cours, c’est notre tour ! ».



           Quelques semaines auparavant, en revenant du Lycée, j’avais eu une surprise. Sur le palier, devant la porte de mon appartement au presbytère, quelqu’un m’attendait. C’était Mgr Ménager, l’Evêque ! Il était venu tout exprès de Meaux, en 2 CV pour me voir, pour me parler. Je le fis entrer. Mais, avant de commencer notre conversation, je lui dis : « Monseigneur, je dois tout d’abord vous poser une question : entre vous et le Père Lherbier, il y a un menteur : l’un qui m’a dit que j’allais être changé, et l’autre qui m’a dit qu’il n’en était pas question ? Qui est le menteur ? ».



« C’est vrai, me dit Mgr Ménager : je ne voulais pas vous changer, et j’ai eu tort de céder aux pressions de certains prêtres de Sainte-Marie, et le Père Lherbier aussi, c’est un faible, vous le connaissez bien. Vous y faisiez du bon travail. Selon ce que je vous avais demandé !. Vraiment je regrette ! ». Je lui demande alors la raison de sa visite qui m’honorait. Il me fit part de sa grande préoccupation à propos de mon ministère auprès des jeunes… parce que je continuais à porter la soutane. N’y avaient-il pas d’autres problèmes plus importants dans le Diocèse, au petit séminaire déjà ? Faire 200 kms aller et retour pour cela !



           La Providence est bonne : j’avais trouvé les cahiers de présence aux cours de religion, laissés par mon prédécesseur. J’avais préparé moi aussi un cahier des présences. Il y avait deux courbes opposées. L’une, descendante, tous au long des mois. L’autre ascendante, en augmentation régulière, avec une participation jamais atteinte par mon prédécesseur. Devant ces faits indéniables, Mgr Ménager ne sut que me répondre : « Je vous fais confiance, mais soyez prudent ! ».



Parole d’Evêque.



           Le Clergé du Doyenné : Je dois être bref, là aussi, car on pourrait écrire un roman, un drame plutôt. Un exemple suffit pour montrer l’accueil dont j’ai été l’objet de la part de mes « confères » dans le Sacerdoce. Il y avait chaque mois un réunion de Doyenné, le Doyen étant le Curé de ma paroisse. Puis, nous nous retrouvions au restaurant pour un dîner « amical ». Au cours du deuxième dîner, donc peu de temps après mon arrivée, le prêtres d’une paroisse voisine me dit, à table, devant tout le monde : « Tant que tu auras la soutane, la porte de mon presbytère t’est fermée ». je lui répondis : « Sois tranquille, je ne veux pas prendre ton virus progressiste ! ». Un autre renchérit, et j’ai honte pour lui, aujourd’hui encore, et il me dit en haussant la voix : « Quand je te vois habillé avec ta robe, habillé en femme, j’ai envie de coucher avec toi ! ».

Un grand silence ! Je réponds à haute voix : « Tu es un beau salaud et un gros porc ! ». Puis, je me suis levé, et suis parti.. Je n’ai plus jamais assisté à aucune de leurs réunions. Le Doyen ne m’a jamais parlé ensuite de cet incident. Je me suis dit : « Qui ne dit mot, consent ».



           Le Séminaire de Saint-Sulpice, le Petit-Séminaire Sainte Marie de Meaux, le ministère pastoral à la paroisse Saint Jean Baptiste de Nemours présentaient un point commun, que je ressentais de plus en plus vivement au plus profond de moi-même. La « théologie nouvelle » présentée par les prêtres dans les catéchismes et dans les homélies, la célébration des Saints Mystères, la perte du sens du sacré, de la nécessité de la Confession, la perte progressive et uniformément accélérée de la conscience de la nature du prêtre et du Sacerdoce, sa « laïcisation » complète par le passage de la soutane au clergyman qui n’a été qu’une étape très brève vers l’habit civil, le « sens nouveau » de la Messe, considérée comme une Assemblée, un repas fraternel, avec l’introduction de la Sainte Communion dans la main surtout, la perte, voire même le mépris des dévotions habituelles de la vie chrétienne, comme l’Adoration du Saint-Sacrement, les Processions, la récitation du Chapelet, le Mois de Marie, le Mois de Saint Joseph, le Mois du Sacré-Cœur, le Mois du Rosaire, le Chemin de Croix : en bref, tout ce qui avait sanctifié les générations et les générations qui nous précédés, tout cela était « jeté aux orties ». C’était prendre à la lettre l’Ecriture qui dit « Et voilà que je fais toutes choses nouvelles ».



           Ce que je ressentais, en conséquence, c’était que, pour un prêtre « catholique », il n’était pas possible, il n’était PLUS possible de rester en France, non pas à cause des fidèles, mais en raison du rejet fait par les prêtres et par les religieuses, de tout ce qui leur semblait être « d’avant LE Concile ».



Et ce que je ressentais alors, me fut confirmé quelques années plus tard (j’anticipe), en 1974 : J’avais quitté Ecône, convaincu depuis le mois de novembre 1972 que Monseigneur Lefebvre, malgré lui (? cf. ci-dessous), en arriverait à consacrer des Evêques. Et, mon départ avait été aussi le début du départ de plusieurs séminaristes d’Ecône, pour les mêmes raisons. Avec cette différence : j’étais prêtre. Ils n’étaient que séminaristes et, séminaristes d’Ecône, ils n’étaient rien. En effet, après avoir pris contact avec mon Evêque, Mgr Louis Kuehn, Evêque de Meaux, successeur de Mgr Ménager, pour lui dire que le temps était venu pour moi de reprendre un ministère pastoral dans mon Diocèse d’incardination, même une simple paroisse de campagne de 500 habitants, j’obtins cette réponse : « Il n’en est pas question : vous y feriez un pèlerinage d’intégristes » !



Mgr Louis Kuehn

 


*

*    *




J’ouvre ici une petite parenthèse, intéressante : l’Evêque de Meaux refusait de me donner un ministère dans « mon » Diocèse. Mais, le 25 mars 1979 (j’étais alors à Rome depuis 1974, cf. ci-dessous), le Pape Jean Paul II fit une visite Pastorale à la Paroisse de Sainte Croix en Jérusalem, paroisse où les séminaristes sortis d’Ecône et moi-même étions hébergés. Son Excellence Mgr Martin, alors Préfet de la Maison Pontificale (le futur Cardinal Jacques Martin), qui m’honorait de son amitié, et protégeait ces jeunes, nous fit placer devant la porte de la Sacristie, pour être sûrs que nous rencontrions le Saint-Père, car nous n’avions pas été prévus dans la programme des rencontres avec le Saint-Père !



           Et pour cause lors du déjeuner au Vatican, en préparation à la visite à la Basilique de Sainte Croix en Jérusalem, le Pape Jean Paul II avait interrogé le Curé de la paroisse, le Père Paolo, Cistercien sur le groupe « d’intégristes » qui se trouvaient en pension au Couvent Cistercien (qui me l’a raconté ensuite) : « ON » avait mis en garde le Saint-Père contre les anciens séminaristes d’Ecône, les « transfuges », et contre le prêtre qui les accompagnait, ancien Directeur d’Ecône, et qui célébrait chaque matin la Messe de Saint Pie V pour eux dans la Chapelle des Reliques de la Sainte Croix (devant l’écriteau en trois langues, vu par la Sainte Vierge) : il fallait se méfier d’eux, car ils ne pouvaient qu’être contre le Concile en désobéissant ainsi au Pape !



           Et de fait, pendant la Messe, le Saint-Père nous dévisagea avec son regard scrutateur, mais bienveillant, se demandant certainement où était la vérité.




           Avant la Messe, étant donné que le groupe des séminaristes assurait les chants en grégorien, et que nous devions recevoir la Sainte Communion des mains mêmes du Saint-Père, Monseigneur Noë, alors Maître des Cérémonies Pontificales, s’adressa à nous à ce sujet, en nous disant qu’il« était interdit de faire la génuflexion avant de recevoir la Sainte Communion ». Devenu Cardinal, puis Archiprêtre de la Basilique Saint-Pierre, il interdisait toute célébration privée de la Messe de Saint Pie V même aux prêtres qui avaient l’indult ou le « celebret » ! (à suivre)




Mgr Jacques Masson


Dernière édition par ChristianK le Jeu 13 Juin - 19:35, édité 3 fois
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ChristianK



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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyMer 12 Juin - 21:26

septembre 2009

« Monseigneur Lefebvre ? On le poussera au schisme ! » (1)


« Monseigneur Lefebvre ? On le poussera au schisme ! »

Paroles d’un Evêque.
D’un Evêque français.
Mon Evêque,
Monseigneur Jacques Ménager,
alors Evêque de Meaux.
[Juillet 1971].
POURQUOI ET COMMENT JE SUIS ALLE A ECÔNE


Avant d’arriver à cette date de juillet 1971, date à laquelle j’étais Directeur du Séminaire d’Ecône, et d’évoquer les événements décisifs de 1972, un an plus tard, il est nécessaire de faire un petit saut en arrière, pour bien comprendre le déroulement des choses.


La première question qui se pose est en effet la suivante : pourquoi et comment ai-je été amené à aller à Ecône ?


Ma décision de quitter la France, l’Eglise de France, et de me joindre à Monseigneur Lefebvre, ne fut pas le fruit d’un caprice, mais le résultat d’une décision prise après mûre réflexion, conséquence de quatre années de ministère dans le diocèse de Meaux, au petit séminaire Sainte-Marie de Meaux tout d’abord, pendant trois ans, puis à la paroisse Saint Jean-Baptiste de Nemours ensuite, une année environ.


Après trois années de “purgatoire” au Séminaire Saint-Sulpice, à Issy-les-Moulineaux, que j’ai déjà évoquées. [On se reportera, sur le blog Hermas, aux articles publiés par Mgr Masson relatifs à cette période.]


Le petit-séminaire Sainte Marie de Meaux


J’ai été ordonné prêtre le 25 juin 1966, au titre du Diocèse de Meaux. Quelques semaines avant l’Ordination, l’Evêque, de passage à Saint-Sulpice, m’annonçait qu’il me nommait au petit séminaire Sainte-Marie de Meaux, en ces termes : « Je vous donne carte blanche, vous devez y remettre de l’ordre, de la discipline et de la spiritualité, et vous occuper plus spécialement des séminaristes et des Dimanches Apostoliques ».


Le Séminaire Sainte-Marie était un séminaire « mixte » en ce sens qu’il accueillait des séminaristes, mais aussi des élèves et des étudiants non séminaristes. Il ne tarda pas à devenir « mixte » au sens complet du mot, pour les classes de terminale.


Mon arrivée fit sensation : j’étais jeune alors, 29 ans, et je portais la soutane. Il y avait un autre prêtre qui portait la soutane, le Père Taroux, professeur en classe de Première. Mais il était « âgé », on le lui pardonnait… Ils sont toutefois parvenus à le faire se mettre en clergyman, après mon départ.


Sensation dans le corps professoral, prêtres professeurs, et professeurs laïcs, mais aussi chez les élèves et les étudiants, et en particulier chez les séminaires des « « grandes classes ». De fait, Monseigneur Ménager l’avait bien vu, il y avait un grand vide spirituel, une absence de formation, de discipline. L’arrivée d’un « nouveau », en soutane, attira tout particulièrement les séminaristes les plus grands, ceux qui étaient censés entrer à Saint-Sulpice, mais qui en avaient déjà perdu toute envie, après y avoir fait quelques visites ! Le peu qu’ils en avaient vu leur suffisait. Et je les comprenais très bien.


Ils se regroupèrent ainsi autour de moi, changèrent de directeur de conscience, ce qui est toujours un drame, surtout quand certains prêtres font la « chasse aux pénitents ». Et notamment le Directeur des Vocations, le Père Duranton, professeur de Lettres également pour les 3° et 2 : il valait mieux se mettre bien avec lui ! Paris vaut bien une Messe, n’est-ce pas ?


Je passe rapidement, car je pourrais écrire un livre sur ces trois années passées au petit-séminaire de Sainte-Marie de Meaux. Mais le fait est que les jeunes séminaristes s’étaient regroupés autour de moi, du moins les plus grands, surtout pour les « Dimanches Apostoliques », une fois par mois, où ils ne retournaient pas en famille, mais restaient pour un jour et demi de retraite au séminaire. J’étais responsable aussi de la liturgie. Et les jeunes adoraient le chant grégorien, recherchaient les Bénédictions du Saint-Sacrement, les Adorations du Saint-Sacrement. Les plus grands ont même obtenu de faire une nuit d’adoration du Sacrement, en menaçant d’occuper la chapelle, car le Supérieur, le Père Lherbier, le leur avait débord refusé. Le dimanche soir, on chantait même les Complies en latin. Et, bien souvent, les séminaristes (les plus grands) venaient dans ma chambre pour réciter le Chapelet. Cela n’existait pas à Sainte-Marie ! Pour assister à la Messe « officielle » du matin, il fallait une permission spéciale, exceptionnelle, du surveillant de la classe d’étude.


Mais ces jeunes se « battaient » pour pouvoir me servir la Messe le matin, en privé, à l’autel situé au fond de la Chapelle, alors qu’il y avait, dans le même temps, la Messe « officielle », célébrée par le Directeur des Vocations le Père Duranton, réduit bien souvent à parler dans le désert. Ce qui ne manqua pas de créer des tensions, bien sûr !


Le 8 décembre 1967, fête patronale du séminaire Sainte Marie, nous avons même eu une Messe Pontificale célébrée par Mgr Ménager. Rien n’y manquait : les Diacres assistants, les porte-insignes, bref, une vingtaine de servants dans le chœur. Les jeunes étaient « aux Anges », d’autant plus que j’avais préparé la chorale qui avait chanté tout le Kyriale des Messes solennelles n° 2 « Kyrie Fons Bonitatis ». Les jeunes, séminaristes et non séminaristes de la chorale, chantaient de tout leur cœur. A la fin de la Messe, Monseigneur Ménager m’a remercié, en ajoutant (in cauda venenum) : « Mais le Kyrie était beaucoup trop long ». Je lui répondis : « Certes ! Mais il a été composé par des gens qui méditaient, pour des gens qui méditent ».


Et ainsi, la situation s’est tendue, régulièrement, et devint rapidement insoutenable. D’autant plus que les jeunes qui se destinaient au Sacerdoce me disaient, dans leur langage affectueux « L’abbé, vous devez nous trouver un BON séminaire, parce qu’on n’ira pas à LEUR Saint Sulpice ». Trouver un bon séminaire ! « Hic jacet lepus » ! C’était bien là la difficulté ! J’étais devenu un « trublion », au point que le Père Duranton me demanda un jour s’il pouvait venir me parler dans mon bureau-chambre. Bien sûr, avant son arrivée, j’ai installé un magnétophone sous mon lit ! Je résume l’entretien en quelques mots : « Avec votre soutane, et vos idées préconciliaires, vous êtes un scandale pour tout le Diocèse ». Mais déjà pour Sainte-Marie, et surtout pour lui qui avait perdu une grande partie de ses pénitents. Il était bien « en cour » avec Mgr Ménager, et je m’attendais à être changé « pour faire un peu de pastorale en paroisse » et « être remis au pas en contact avec la réalité ». Le Père Lherbier m’avait soutenu, il me soutenait, il était heureux de chanter les Complies en latin etc. Mais c’était un faible, surtout devant le Père Duranton.


Je dois reconnaître que ce dernier ne me portait pas du tout dans son cœur. Surtout après une intervention de ma part auprès de Mgr Ménager. En 1969, Le Père Duranton, Directeur des Vocations, avait organisé deux journées de rencontre pour les jeunes gens et les jeunes filles du Diocèse, un samedi et un dimanche. Il avait prévu notamment une Messe « à étapes » : le samedi soir, dîner en commun dans la nature, si le temps le permettait, au cours duquel se déroulerait la première partie de la Messe : La Liturgie de la Parole.


Après cela, repos dans les greniers des fermes des environs, couchés dans la paille, garçons et filles mélangés, pour aider aux rencontres interpersonnelles, favoriser les contacts et les échanges et aider ainsi les jeunes à préparer leur avenir.


Pour le dimanche matin, le petit déjeuner comprendrait la liturgie de l’Offertoire, avec la présentation du pain et du vin. Et, pendant le repas de midi, on procèderait à la Consécration et à la communion.


Mis au courant de ce projet, préparé dans tous les détails, j’intervins auprès de Mgr Ménager, réticent d’abord sur une intervention, mais qui dut céder devant ma menace de déposer une plainte à Rome. La réunion des jeunes du Diocèse aurait lieu, comme prévu, mais la Messe serait célébrée, normalement, dans l’église du village qui nous accueillait. La Messe ? Les jeunes, assis, couchés sur le sol de l’église, discutant, riant, en tenue négligée après une nuit passée dans la paille, et dans quelles conditions (?) chantaient à tue-tête des chants hippies, accompagnés à la guitare, et qui n’avaient, pour la plupart, aucun rapport avec la Messe célébrée. Je m’étais réfugié, par prudence, au fond de l’église, et les séminaristes s’étaient joints à moi les uns après les autres.


Vint le moment de l’échange de la paix, qui se donna sous toutes les formes possibles et imaginables ; aussi, lorsque des jeunes, envoyés tout exprès par l’organisateur pour « nous donner la paix », j’ai répondu avec un grand sourire « Foutez-nous la paix ! ». A la sortie de l’église, au moment de quitter l’assemblée, un groupe de jeunes, guidé par l’Abbé Duranton, s’en prit à nous, à moi, en criant : « hérétiques, intégristes ».


Mon avenir était tracé !


A la fin du mois de juillet, Monseigneur Ménager m’annonça, non pas oralement, mais par lettre, que je reçus alors que j’étais en vacances avec ma famille, que j’étais nommé Vicaire à Nemours. A la mi-juin je lui avais parlé de bruits concernant mon changement ! Il m’avait répondu avec fermeté : « Il n’en est pas question ».


Parole d’Evêque.


[Note de TradiNews - la suite du texte a été publiée le 23 septembre 2009]


La paroisse Saint Jean Baptiste de Nemours


Bref, au mois de septembre je me retrouvais comme vicaire à la paroisse Saint Jean Baptiste de Nemours : une très belle Basilique gothique. J’étais chargé notamment de l’aumônerie du Lycée mixte qui accueillait plus de mille élèves. Inutile de dire le désarroi des séminaristes de Sainte-Marie ! Mais ils ont maintenu le contact, malgré la distance, et sont venus me voir régulièrement. Ce qui explique la suite.


Les paroissiens de Nemours m’ont très bien accueilli, et, très vite, des réunions de prière (avec récitation du chapelet), se sont multipliées dans des familles qui se regroupaient pour cela. Avant de prendre contact avec le Lycée, la rentrée n’était pas encore faite, j’ai reçu une visite inattendue : mon prédécesseur. Il était tout simplement venu me donner un « conseil fraternel » en me sommant de me mettre en civil, « sinon j’allais détruire tout le travail qu’il avait fait pendant des années au lycée ». Je lui ai demandé « fraternellement » de bien vouloir s’en aller, et de s’occuper de ses affaires.


Première journée au Lycée : j’étais arrivé un peu avant l’heure dans la salle de classe qui m’était attribuée. L’heure tournait, et personne ne venait. Je pris mon chapelet et commençais à prier. Une fille d’une quinzaine d’année arrive et me déclare sans ambages : « Voilà, je vais être franche avec vous. Je viens en ambassade, envoyée par mes copains et copines. Si vous me ‘plaisez’, tous viendront. Sinon, personne ne se déplacera ».


Je la fis asseoir, et nous avons parlé très simplement. Au bout d’une demi-heure, elle me dit : « Vous me plaisez, vous êtes ouvert, sympathique, ON viendra, toutes les classes viendront ! ». Les cours ont alors commencé, avec une affluence croissante. J’ai jugé qu’il était plus judicieux de leur demander de me poser les questions qui les préoccupaient, qui les intéressaient. Et nous avons eu de bonnes conversations, au cours desquelles j’ai pu me rendre compte (déjà !) de leur ignorance religieuse complète !


La glace a vite été brisée. J’attendais une question qui vint au bout de deux mois : « Pourquoi portez-vous la soutane ? ». C’était évident. J’ai expliqué. Et voici ce que me répondit la jeune fille qui était venue en ambassadrice : « Mon Père, vous nous plaisez, et vous n’êtes pas ce qu’on nous avait dit de vous. Le précédent aumônier nous avait averti qu’il allait être changé, et que son successeur serait un prêtre en soutane, aux idées arriérées, et qu’il serait bon de boycotter’ ses cours, de ne pas y assister, pour lui donner une leçon. On a vu que ce qu’il nous avait dit de vous n’était pas vrai, et, je dois vous dire que tous mes copains et copines sont contents de la manière dont vous leur présentez la religion, de la manière avec laquelle vous répondez aux questions que nous nous posons dans notre vie. VOUS ÊTES UN PRÊTRE MODERNE ET QUI CROIT À CE QU’IL FAIT. Vous nous plaisez ! ». Je n’en revenais pas !


Paroles de jeunes !


Au mois de mai 1969, il y eut un sursaut du mois de mai 1968 : le Lycée était fermé, bloqué par un piquet de grève composé d’étudiants et d’élèves. Je suis allé quand même au lycée, en garant ma voiture à l’extérieur. Devant le piquet, l’un me dit : « Nous sommes en grève, il n’y a pas de cours ». Je lui réponds : « Je ne fais pas de cours, je parle de religion, de Dieu, et je ne suis pas payé pour cela ! ». « Oui, c’est vrai, répond un autre : laisse-le entrer, lui, ce n’est pas pareil ! » Et j’ai fait cours, la seule salle de classe éclairée, des jeunes grévistes ayant même quitté le piquet de grève pour venir assister au « cours ». Un groupe de surveillance de la grève, voyant une salle de cours éclairée, se présente pour faire respecter l’ordre de grève : « Oh, excusez-vous ! Vous, ce n’est pas pareil. Et surtout, ne partez pas, car après cette heure de cours, c’est notre tour ! ».


Quelques semaines auparavant, en revenant du Lycée, j’avais eu une surprise. Sur le palier, devant la porte de mon appartement au presbytère, quelqu’un m’attendait. C’était Mgr Ménager, l’Evêque ! Il était venu tout exprès de Meaux, en 2 CV pour me voir, pour me parler. Je le fis entrer. Mais, avant de commencer notre conversation, je lui dis : « Monseigneur, je dois tout d’abord vous poser une question : entre vous et le Père Lherbier, il y a un menteur : l’un qui m’a dit que j’allais être changé, et l’autre qui m’a dit qu’il n’en était pas question ? Qui est le menteur ? ».


« C’est vrai, me dit Mgr Ménager : je ne voulais pas vous changer, et j’ai eu tort de céder aux pressions de certains prêtres de Sainte-Marie, et le Père Lherbier aussi, c’est un faible, vous le connaissez bien. Vous y faisiez du bon travail. Selon ce que je vous avais demandé ! Vraiment je regrette ! ». Je lui demande alors la raison de sa visite qui m’honorait. Il me fit part de sa grande préoccupation à propos de mon ministère auprès des jeunes… parce que je continuais à porter la soutane. N’y avaient-il pas d’autres problèmes plus importants dans le Diocèse, au petit séminaire déjà ? Faire 200 kms aller et retour pour cela !


La Providence est bonne : j’avais trouvé les cahiers de présence aux cours de religion, laissés par mon prédécesseur. J’avais préparé moi aussi un cahier des présences. Il y avait deux courbes opposées. L’une, descendante, tous au long des mois. L’autre ascendante, en augmentation régulière, avec une participation jamais atteinte par mon prédécesseur. Devant ces faits indéniables, Mgr Ménager ne sut que me répondre : « Je vous fais confiance, mais soyez prudent ! ».


Parole d’Evêque.


Le Clergé du Doyenné : Je dois être bref, là aussi, car on pourrait écrire un roman, un drame plutôt. Un exemple suffit pour montrer l’accueil dont j’ai été l’objet de la part de mes « confères » dans le Sacerdoce. Il y avait chaque mois un réunion de Doyenné, le Doyen étant le Curé de ma paroisse. Puis, nous nous retrouvions au restaurant pour un dîner « amical ». Au cours du deuxième dîner, donc peu de temps après mon arrivée, le prêtres d’une paroisse voisine me dit, à table, devant tout le monde : « Tant que tu auras la soutane, la porte de mon presbytère t’est fermée ». je lui répondis : « Sois tranquille, je ne veux pas prendre ton virus progressiste ! ». Un autre renchérit, et j’ai honte pour lui, aujourd’hui encore, et il me dit en haussant la voix : « Quand je te vois habillé avec ta robe, habillé en femme, j’ai envie de coucher avec toi ! ».


Un grand silence ! Je réponds à haute voix : « Tu es un beau salaud et un gros porc ! ». Puis, je me suis levé, et suis parti.. Je n’ai plus jamais assisté à aucune de leurs réunions. Le Doyen ne m’a jamais parlé ensuite de cet incident. Je me suis dit : « Qui ne dit mot, consent ».


Le Séminaire de Saint-Sulpice, le Petit-Séminaire Sainte Marie de Meaux, le ministère pastoral à la paroisse Saint Jean Baptiste de Nemours présentaient un point commun, que je ressentais de plus en plus vivement au plus profond de moi-même. La « théologie nouvelle » présentée par les prêtres dans les catéchismes et dans les homélies, la célébration des Saints Mystères, la perte du sens du sacré, de la nécessité de la Confession, la perte progressive et uniformément accélérée de la conscience de la nature du prêtre et du Sacerdoce, sa « laïcisation » complète par le passage de la soutane au clergyman qui n’a été qu’une étape très brève vers l’habit civil, le « sens nouveau » de la Messe, considérée comme une Assemblée, un repas fraternel, avec l’introduction de la Sainte Communion dans la main surtout, la perte, voire même le mépris des dévotions habituelles de la vie chrétienne, comme l’Adoration du Saint-Sacrement, les Processions, la récitation du Chapelet, le Mois de Marie, le Mois de Saint Joseph, le Mois du Sacré-Cœur, le Mois du Rosaire, le Chemin de Croix : en bref, tout ce qui avait sanctifié les générations et les générations qui nous précédés, tout cela était « jeté aux orties ». C’était prendre à la lettre l’Ecriture qui dit « Et voilà que je fais toutes choses nouvelles ».


Ce que je ressentais, en conséquence, c’était que, pour un prêtre « catholique », il n’était pas possible, il n’était PLUS possible de rester en France, non pas à cause des fidèles, mais en raison du rejet fait par les prêtres et par les religieuses, de tout ce qui leur semblait être « d’avant LE Concile ».


Et ce que je ressentais alors, me fut confirmé quelques années plus tard (j’anticipe), en 1974 : J’avais quitté Ecône, convaincu depuis le mois de novembre 1972 que Monseigneur Lefebvre, malgré lui (? cf. ci-dessous), en arriverait à consacrer des Evêques. Et, mon départ avait été aussi le début du départ de plusieurs séminaristes d’Ecône, pour les mêmes raisons. Avec cette différence : j’étais prêtre. Ils n’étaient que séminaristes et, séminaristes d’Ecône, ils n’étaient rien. En effet, après avoir pris contact avec mon Evêque, Mgr Louis Kuehn, Evêque de Meaux, successeur de Mgr Ménager, pour lui dire que le temps était venu pour moi de reprendre un ministère pastoral dans mon Diocèse d’incardination, même une simple paroisse de campagne de 500 habitants, j’obtins cette réponse : « Il n’en est pas question : vous y feriez un pèlerinage d’intégristes » !




J’ouvre ici une petite parenthèse, intéressante : l’Evêque de Meaux refusait de me donner un ministère dans « mon » Diocèse. Mais, le 25 mars 1979 (j’étais alors à Rome depuis 1974, cf. ci-dessous), le Pape Jean Paul II fit une visite Pastorale à la Paroisse de Sainte Croix en Jérusalem, paroisse où les séminaristes sortis d’Ecône et moi-même étions hébergés. Son Excellence Mgr Martin, alors Préfet de la Maison Pontificale (le futur Cardinal Jacques Martin), qui m’honorait de son amitié, et protégeait ces jeunes, nous fit placer devant la porte de la Sacristie, pour être sûrs que nous rencontrions le Saint-Père, car nous n’avions pas été prévus dans la programme des rencontres avec le Saint-Père !


Et pour cause lors du déjeuner au Vatican, en préparation à la visite à la Basilique de Sainte Croix en Jérusalem, le Pape Jean Paul II avait interrogé le Curé de la paroisse, le Père Paolo, Cistercien sur le groupe « d’intégristes » qui se trouvaient en pension au Couvent Cistercien (qui me l’a raconté ensuite) : « ON » avait mis en garde le Saint-Père contre les anciens séminaristes d’Ecône, les « transfuges », et contre le prêtre qui les accompagnait, ancien Directeur d’Ecône, et qui célébrait chaque matin la Messe de Saint Pie V pour eux dans la Chapelle des Reliques de la Sainte Croix (devant l’écriteau en trois langues, vu par la Sainte Vierge) : il fallait se méfier d’eux, car ils ne pouvaient qu’être contre le Concile en désobéissant ainsi au Pape !


Et de fait, pendant la Messe, le Saint-Père nous dévisagea avec son regard scrutateur, mais bienveillant, se demandant certainement où était la vérité.


Avant la Messe, étant donné que le groupe des séminaristes assurait les chants en grégorien, et que nous devions recevoir la Sainte Communion des mains mêmes du Saint-Père, Monseigneur Noë, alors Maître des Cérémonies Pontificales, s’adressa à nous à ce sujet, en nous disant qu’il « était interdit de faire la génuflexion avant de recevoir la Sainte Communion ». Devenu Cardinal, puis Archiprêtre de la Basilique Saint-Pierre, il interdisait toute célébration privée de la Messe de Saint Pie V même aux prêtres qui avaient l’indult ou le « celebret » !


[Note de TradiNews - la suite du texte a été publiée le 24 septembre 2009]


Pour cette visite du Pape Jean Paul II à Sainte Croix en Jérusalem, des amis m’avaient donné la consigne suivante : « Dites simplement au Saint-Père : J’ai été le premier Supérieur du Séminaire d’Ecône ».


Le Saint-Père sort de la sacristie, et me trouve devant lui, avec les séminaristes qui m’entourent. Je lui dis le « Mot magique » : « J’ai été le premier Supérieur d’Ecône » :


Le Saint-Père s’arrête alors, me pose un flot de questions. Puis il fait le tour des séminaristes pour les interroger sur leur situation et préciser mes dires.


Puis le Saint-Père revient vers moi. Il me dit : - « Et vous, quelle est votre situation ». - « Mon Evêque refuse de me donner un ministère dans le diocèse ». - « Qui est votre Evêque ? ». - « L’Evêque de Meaux ».Monseigneur Jacques Martin (futur Cardinal Jacques Martin) intervient alors : - « Le diocèse de Bossuet Très Saint-Père ! Ce que l’Abbé Masson vous dit est vrai, car je le suis depuis son arrivée à Rome ».


Le Saint-Père alors de se tourner vers le Cardinal Ugo Poletti, son Vicaire Général pour le Diocèse de Rome, et lui dit : - « Faites incardiner Monsieur l’Abbé Masson dans le Diocèse de Rome. Il a fait un long chemin, et il a assez souffert ! ». Puis, se tournant vers moi, il me dit, avec un grand sourire, plein de malice, d’affection et de « complicité » : « Comme cela vous échapperez à la tyrannie des Evêques de France ! » (sic !)


Parole de Pape.


[Je ferme la parenthèse]




Devant le refus de Mgr Kuehn de me donner un ministère je lui ai proposé de me laisser reprendre les études en théologie. Après une longue discussion sur les différentes Universités, j’obtins de venir à Rome.


Et c’est ainsi que je me retrouvais à Rome, guidé, je le crois, par la Providence. Mais, les séminaristes qui étaient partis avec moi, en même temps que moi ? Il y eut des contacts entre l’Evêque de Meaux, et Monseigneur Bernard, Evêque de Nancy. Il y eut même une réunion pour étudier cette question, avec les deux Evêques, les séminaristes, et des parents dans les Vosges, au Valtin, dans une maison, propriété de Mgr Kuehn. Beaucoup de promesses furent faites, des engagements à respecter la « sensibilité spirituelle » de ces jeunes, de reconnaître leurs études à Ecône, le port de la soutane, de les faire accepter au Séminaire Français de Rome, etc. C’était prometteur, c’était PROMIS.


Mais, il y avait d’autres Evêques en France. Dont Mgr Vilnet, alors Evêque de Saint Dié [qui avait eu Mgr Kuehn comme Vicaire Général], et qui déclara [Monseigneur Kuehn, en personne, m’a rapporté ses paroles début septembre 1974] : « La France n’a pas besoin de prêtres pieux et traditionnalistes. Il faut les envoyer au Vietnam qui est encore un Pays pieux » (sic !).


Tout ce qui avait été promis au Valtin, fut renié, quelques jours avant la rentrée universitaire, la rentrée au Séminaire Français : pas de reconnaissance des études faites, pas de soutane ni même de clergyman, une année de « mise à l’essai » pour « remettre ces jeunes dans la voie droite », les « désintoxiquer » [« un palier de désintoxication » déclara un jour Mgr Etchegaray, lors d’un repas-entretien à la Trinité des Monts avec Mgr Arrighi, pour étudier le problème des séminaristes venus d’Ecône, et ceux qui ne voulaient ni d’Ecône, ni des séminaires de France]. Mais la Providence veillait sur ces jeunes, et une solution serait trouvée. Peut-être en parlerai-je plus tard…


Non, un prêtre « catholique » ne pouvait pas rester en France sans y perdre sa santé, sa sérénité ! Mais les séminaristes qui étaient encore au petit séminaire de Meaux ? J’y arrive, tout doucement, tout comme au titre donné à ces « Souvenirs » ou « Mémoires » (à suivre).

Mgr J. Masson
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ChristianK



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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyMer 12 Juin - 21:30

« Monseigneur Lefebvre ? On le poussera au schisme ! » (4)

Et les séminaristes de Meaux qui ne voulaient pas des séminaires français ?

Fin novembre 1969, Bruno Dufour, séminariste en terminale au Séminaire Sainte-Marie de Meaux, vient me trouver à Nemours : « L’Abbé, l’an prochain, je veux entrer au grand séminaire : mais Saint Sulpice est exclu, et n’importe quel autre séminaire en France ! Trouvez-moi un BON séminaire ! »C’était chercher l’épingle dans un tas de foin, « mission impossible » ! J’ai alors pensé à l’Abbé Luc Lefèvre, de « la Pensée Catholique », qui avait complété ma formation sacerdotale quand j’étais séminariste à Saint-Sulpice, et m’avait aussi permis de survivre (J’ai eu trois « Lefebvre » dans ma vie : le supérieur du séminaire de Nancy, l’Abbé Luc Lefèvre, et Mgr Marcel Lefebvre). Une visite à Paris au mois de décembre : l’Abbé Luc Lefèvre me dit : « Mgr Marcel Lefebvre est en train de préparer quelque chose. Je ne puis vous donner plus de détails, car tout n’est pas encore au point. Revenez vers Pâques, et je vous donnerai toutes les informations. Dites à votre séminariste d’être confiant : tout s’arrangera pour lui, et pour les autres ensuite ». J’ai repris contact avec l’Abbé Lefèvre au moment de Pâques, et il m’a conseillé de m’adresser directement à Monseigneur Lefebvre, car une solution était en vue. Chose dite, chose faite : je prends un rendez-vous avec Monseigneur Marcel Lefebvre, et je le rencontre Rue Lhomond à Paris.


Je le connaissais de nom et de réputation, et j’avais même, depuis le Concile, sa photo dans mon portefeuille ! A Saint-Sulpice j’avais entendu dire des tas et des tas de choses à son sujet : un extrémiste, de droite bien sûr, un « intégriste », un « exalté », un « tribun ». Je vis un homme simple, en soutane, la Croix pectorale accrochée comme il est normal de le faire, l’anneau au doigt. Une voix douce, un peu timide, chaleureuse, accueillante, bienveillante. Je dois dire que je fus quelque peu « déçu » par ce premier contact ! Je m’attendais à voir un homme plus « énergique ». Non ! Très calme, posé, réfléchi, délicat. Nous avons fait un tour d’horizon complet de la situation, pour nous connaître tout d’abord, pour voir les problèmes qui se posent aux jeunes qui veulent entrer au séminaire - dans quel séminaire ? – et le la situation générale dans l’Eglise, en France tout particulièrement.


Puis, Mgr Lefebvre me fit part de son projet d’ouverture d’une Année de Spiritualité, préalable au cycle d’études du séminaire. Il avait reçu plusieurs demandes de jeunes, et il avait déjà une maison en Suisse, dans le Valais, ancienne propriété des Chanoines du Saint Bernard, et les pourparlers étaient bien avancés pour obtenir la fondation d’une Fraternité, avec Mgr Charrière Evêque de Fribourg en Suisse, favorable aux projets de Mgr Lefebvre. Il avait déjà une Maison à Fribourg, rue de la Vignettaz, où se trouvaient quelques séminaristes qui étudiaient à la Faculté de Fribourg, l’Abbé Tissier de Mallerais, l’abbé Jean-Yves Cottard, l’Abbé Paul Aulagnier, et peut-être un autre , je ne me souviens plus.


Mgr Lefebvre avait l’intention d’envoyer les séminaristes à Fribourg, après leur année de Spiritualité à Ecône. Mais le Cardinal Journet le lui déconseillait, car, à son avis, tous les séminaristes ne sont pas nécessairement en mesure de poursuivre des études universitaires. Aussi il conseillait-il à Mgr Lefebvre d’ouvrir son propre séminaire, à Ecône même, le séminaire de la Fraternité Sant Pie X que Mgr Charrière a reconnue en date du 1° novembre 1970. Le Cardinal Journet pensait que Mgr Adam, Evêque de Sion ne s’y opposerait pas. Mais on n’en était pas encore là.


Un problème préoccupait Mgr Lefebvre et il s’en est ouvert à, moi à trois reprises au cours de notre entretien : il devait trouver des prêtres, jeunes, bien formés, sûrs, pour encadrer dès le mois de septembre l’Année de Spiritualité, et assurer les Cours.


Dès la première fois, j’ai compris que Monseigneur Lefebvre me lançait un appel discret pour me joindre à lui : « J’ai besoin de jeunes prêtres, qui portent la soutane, qui sont bien formés, catholiques, qui ont su résister à la vague moderniste ». Mais je n’ai pas réagi. La conversation s’est poursuivie, intéressante, profonde, amicale, détendue, affectueuse même ; Mgr Lefebvre se « détendait » petit à petit, et s’ouvrait.


Il revint un deuxième fois sur le besoin de prêtres pour cette Année de Spiritualité. Je n’ai pas réagi. Quelque temps passe encore, la conversation portant sur les questions qui nous tenaient à cœur, et sur nos différentes expériences, lui, comme grand missionnaire, puis Archevêque de Dakar et Délégué Apostolique pour toute l’Afrique francophone. Il me parla de sa démission du Siège de Dakar pour permettre l’indigénisation du clergé, et laisser la place à un prêtre qu’il avait formé et qui avait été son Vicaire Général, Mgr Hyacinthe Thiandoum, qui lui succéda, de fait, et fut nommé Cardinal, et lui resta très attaché, j’ai eu l’occasion de m’en rendre compte puisqu’il vint même à Ecône, et c’est moi qui l’ai reçu et lui ai fait célébrer la Messe de Saint Pie V ; et il fut fidèle jusqu’aux derniers moments, dans son affection et sa reconnaissance envers Mgr Lefebvre.


Puis Mgr Lefebvre, se laissant aller à des confidences, m’expliqua comment il avait été nommé Evêque de Tulle [avec le titre personnel d’Archevêque, qu’il était], parce que l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de France avait refusé (déjà !) qu’on lui confiât un Archevêché en France. Il me parla de sa nomination comme Supérieur de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, et pourquoi il avait donné sa démission : « Il m’était impossible de continuer, car la majorité des Pères refusait d’obéir au Supérieur Général, à mes consignes, à mes demandes, à mes ordres ».


Monseigneur Lefebvre revint une troisième fois sur la question des prêtres pour l’Année de Spiritualité, en ajoutant cette petite phrase : « J’ai besoin de jeunes prêtres, qui portent la soutane, qui sont bien formés, catholiques, qui ont sur résister à la vague moderniste… comme vous par exemple ! ».


Je lui dis alors sans hésiter : - « Monseigneur, vous embauchez ? » - « Bien sûr », me répond-il. - « Alors, je suis votre homme, si vous voulez de moi ». - « Comment donc, je vous connais de réputation par l’abbé Luc Lefèvre, ce que vous avez souffert et subi, comment vous avez réagi, votre fidélité à l’Eglise et au Saint-Père, et je serais très heureux de vous avoir comme collaborateur ! Mais il y a un problème : votre Evêque ! ».


Je lui répondis : « Ce n’est pas un problème, je m’en charge, avec l’aide du Ciel et de Saint Michel. De toute façon, je ne voulais plus rester en France, car la vie y est impossible, et ma santé s’en ressent beaucoup. C’est une lutte continue. Cet argument suffit : je veux m’en aller pour des raisons de santé, ET POUR RESTER CATHOLIQUE ! ». « Je vais prier pour que Dieu vous écoute, et que votre Evêque vous laisse libre ». Et nous nous quittons avec une accolade pleine d’affection et de confiance, et de reconnaissance à la Providence


C’est vrai, ma santé se ressentait de ces années de persécution, de lutte, de mise à l’écart, de rejet (le tout fait de « manière chrétienne » bien sûr !). Et puis, la goutte qui avait fait déborder le vase, était la distribution de la Sainte Communion dans la main. Voir distribuer le saintes Hosties dans la main des fidèles, souvent inconscients de ce qu’ils faisaient, de QUI ils recevaient, me remuait les entrailles ! Pour moi, c’était inconcevable, un problème de conscience, en vertu du respect dû aux Saintes Espèces, aux fragments qui se détachaient des hosties [je le savais par expérience] ! J’étais objecteur de conscience sur cette question.


On disait alors que, pour les fidèles c’était un « DROIT » et que le prêtre devait s’y plier par obéissance ! L’obéissance à sens unique, quand je voyais toutes les fantaisies liturgiques, avec l’arrivé du Nouvel Ordo, tout qui « passait par-dessus bord ».J’avais eu, dans ma jeunesse une autre formation, catholique, dans une paroisse de campagne, de 1.200 habitants, où le prêtre nous avait donné, m’avait donné le respect le plus grand pour le Saint Sacrement, pour le Sainte Eucharistie, pour l’Hostie, reçue à genoux. Non, il ne m’était pas possible de faire comme Clovis et de « brûler ce que j’avais adoré ».


L’avenir m’a conforté dans cette attitude, puisque le Saint-Père actuel, le Pape Benoît XVI a repris la distribution de la Sainte Communion à genoux et dans la bouche, et a fait préciser par Mgr Guido Marini le Maître des Cérémonies Pontificales, dans l’Osservatore Romano de fin juin 2009, que la distribution de la Communion dans la main n’était pas un droit, mais un « indult » et que restait en vigueur la manière traditionnelle.


J’allais alors consulter le médecin qui me soignait pour mes problèmes de santé, conséquence de la vie que je menais. Il me fit un certificat médical demandant pour moi un changement de ministère, dans un climat sain (!), et de préférence dans une région à l’air pur (!), une région montagneuse par exemple, comme la Suisse (!), trois ans de changement au moins. Il n’avait pas menti. C’était la vérité. Personne ne peut imaginer le « climat » dans lequel devait vivre un prêtre « catholique », qui n’avait rien à voir avec l’intégrisme dont on l’accusait : j’avais entendu ce mot pour la première fois en arrivant à Saint-Sulpice, et je ne savais pas même sa signification. J’ai appris depuis à la connaître ! Et je puis dire que je suis bien loin d’être un intégriste ! Un prêtre catholique, OUI, fidèle à l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique… ET ROMAINE.


J’ai rencontré ensuite Monseigneur Ménager. Je lui ai fait part de mon désir de m’éloigner pour un certain temps, pour changer de « milieu », pour retrouver un peu plus de tranquillité, de sérénité, et, tout d’abord, pour me reposer physiquement et mentalement, pour rétablir ma santé, sans me couper pour autant du ministère pastoral. Et je lui ai donné le certificat médical. Il se demandait quelle solution j’allais pouvoir trouver : « Faites-moi confiance, la Providence saura bien me guider ». Il me donna son accord, en me demandant de le tenir au courant. La conversation avait duré deux heures : je lui avais parlé de la Suisse, d’une Maison des Chanoines du Saint Bernard qui auraient besoin d’un prêtre pour la formation spirituelle de jeunes (je ne mentais pas, restriction mentale), sans prononcer le nom de Mgr Lefebvre. Il me donnait trois ans de « congé », renouvelable, par accord tacite.


Et c’est ainsi que je me suis retrouvé en Suisse, dans un climat sain, à l’air pur, dans une région montagneuse, le Valais, à Ecône dans le diocèse de Sion, dans une Maison des Chanoines du Saint Bernard, au mois de septembre 1970, pour m’occuper de la formation spirituelle de jeunes qui pensaient au sacerdoce, avec l’accord de mon Evêque, que je tins informé petit à petit de la tournure que prenaient les choses, et de mon intention d’entrer, avec sa permission, dans la Fraternité Saint Pie X, érigée le 1° novembre 1970 avec l’accord de Mgr Charrière. La Providence avait pourvu. Je ne pouvais en douter.


J’avais revu Monseigneur Lefebvre à Fontgombault à la fin du mois d’août précédant la rentrée, pour préparer l’Année de Spiritualité, avec les deux autres prêtres qui seraient mes confères, l’Abbé Maurice Gottlieb, et l’Abbé Claude Michel.


Le Père Abbé Dom Roy, et le Maître des Novices se joignirent à nous pour toutes nos réunions de travail, et leurs conseils furent des plus précieux. Je me souviens d’une « boutade » du Père Abbé, du conseil qu’il nous donnait ainsi, et de l’analyse judicieuse qu’il avait faite de la situation du clergé, en France du moins : « On commence par enlever la barrette, et on finit marié"
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ChristianK



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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyMer 12 Juin - 21:34

Sans vouloir soulever de polémique, ce qui n'est pas le but de « Hermas », je trouve qu'il est opportun de répondre au commentaire très juste de « Petitnou » (n°10), qui écrit : « Pour faire une étude complète, il faudra aussi expliquer pourquoi cette folie collective des années 60-70 a pu naître. Ce n'est pas sorti de rien. Il a bien fallu que ça naisse avant ». (Petitnou, commentaire n° 1).




C'est très juste, et il est important de comprendre ce qui s'est passé, sans prétendre que les « bons » sont d'un côté et les « méchants » de l'autre. Les hommes sont les hommes, et sujets à l'erreur, au fanatisme. Mais nous sommes devant un problème unique, à mon sens dans l'Eglise, en raison de son étendue mondiale. Il serait trop long et compliqué de rechercher toutes les racines de cette crise, et je ne m'en sens pas la capacité. Toutefois, un témoignage personnel, du vécu, peut aider à comprendre que nous sommes devant un phénomène qui a des racines profondes et lointaines.




La première chose dont il faut se souvenir c'est que l'Eglise a un ennemi farouche, dont parle le Livre de l'Apocalypse, notamment au chapitre douzième : le Démon, LUCIFER ! Il ne faut pas l'ignorer ni le sous-estimer. Il a même osé tenter le Christ, même jusque sur la Croix. Et, en fondant son Eglise sur Pierre, le Christ Jésus annonce lui-même « Tu es Pierre et cette Pierre je bâtirai mon Eglise. Les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre Elle - portae Inferi non praevalebunt adversus Eam » (Mathieu 16, 18).




Saint Paul, lui-même nous avertit en ces termes : « 2 Timothée, 4


1.

Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, au nom de son Apparition et de son Règne :


2.

proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d'instruire.


3.

Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité


4.

et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.





Dans la Conférence que j'ai citée de S. E. Mgr Bruguès, Secrétaire de la Congrégation pour l'Education Catholique, le prélat déclarait à propos des jeunes qui se présentaient actuellement au séminaire : « Les jeunes qui, se présentent dans nos Maisons de Formation, ne connaissent plus rien ou presque, de la doctrine catholique, de l'histoire de l'Eglise et de ses coutumes ». Et je signalais que cette remarque avait déjà été faite par Mgr Marcel Lefebvre dès 1969. J'avais pu moi-même m'en rendre compte au Petit-Séminaire Sainte-Marie de Meaux en 1966, où j'étais responsable des séminaristes des classes de 2° à Terminales.




Chaque génération de jeunes a été instruite dans la religion par une génération de prêtres, c'est une évidence. Mais cette décadence continue se poursuit, avec, à cause et en raison de cette succession de générations.




Je fais partie de cette génération de prêtres de 1960-1970, ayant été ordonné en 1966. Et je l'ai bien connue au Séminaire Saint-Sulpice, puisque j'y étais un séminariste comme les autres, au milieu des autres. A cette époque déjà, de nombreux séminaristes, qui ont été ordonnés prêtres, et sont devenus curés (s'ils ont persévéré dans leur sacerdoce), j'ose le dire sans les juger, mais en toute objectivité, n'étaient déjà plus catholiques. Je donnerai ci-dessous quelques exemples. Et- pourtant, ce sont eux qui ont été vicaires, curés, chargés de la pastorale et d'enseigner la saine doctrine ; l'Eglise a été et est encore dans leurs mains. Parmi eux, certains sont même devenus Evêques. Ils ont formé ainsi des générations de fidèles, de futurs séminaristes, en leur inculquant leur « propre doctrine » et pas la doctrine de l'Eglise. Eux aussi ils « transmettent ce qu'ils ont reçu », mais pas à la manière de saint Paul, ni ce que saint Paul a reçu.




La génération précédente les a ainsi « formés ».




Si le principal Adversaire de l'Eglise est Lucifer, il ne faut pas oublier qu'il se sert la plupart du temps des hommes pour accomplir son oeuvre. Le Pape saint Pie X avait condamné en son temps le modernisme, et il avait annoncé qu'il reviendrait de manière plus sournoise de l'intérieur de l'Eglise. Il ne faut pas oublier non plus les persécutions qu'a connues et subies l'Eglise, en France notamment : les victimes de la Révolution française sont surtout des prêtres réfractaires, des religieux, des religieuses, des catholiques qui s'adressaient aux prêtres réfractaires. L'Abbesse de l'Abbaye de Bouxières (une des 4 grandes Abbayes de femmes en Lorraine) écrivait au Pape au mois de janvier 1790, que la Révolution était entièrement dirigée contre l'Eglise catholique, et qu'elle et ses religieuses resteraient fidèles à l'Eglise et au Pape. Plusieurs d'entre elles sont mortes sur la guillotine. Il ne faut pas oublier que, en France, il existe un courant anticlérical, laïc, laïcard, dont le mot d'ordre était « à bas la calotte ». La loi de séparation de 1905 a spolié l'Eglise catholique de ses églises, a chassé les religieux et les religieuses de leurs couvents etc.




Une anecdote, que je cite avec fierté et un certain orgueil : dans le petit village d'Arraye, près de Nancy, ma grand-mère paternelle et ses sœurs, aidées de quelques autres femmes du village, ont défendu l'église, avec des fourches, pour empêcher les gendarmes d'y entrer et d'en prendre possession. C'est Papa, âgé alors de 7 ans, qui avait été chargé de les avertir de l'arrivée des gendarmes, en montant la garde sur le haut de la colline.




Et puis, la France connaît une forte minorité protestante, avec laquelle les prêtres enrôlés pendant la deuxième guerre mondiale ont eu des contacts plus « intimes ». On dit aussi qu'il y a la franc-maçonnerie.




Sans oublier un fait peu connu, mais bien réel : les infiltrations d'éléments anticatholiques dans les séminaires. Le Cardinal Primat de Pologne a fait grand scandale dans les années 1960-1965, en révélant l'Affaire « Pax », d'infiltrations communistes dans les séminaires en Pologne, mais aussi dans toute l'Europe. Il savait de quoi il parlait, même si de nombreux Evêques « occidentaux » ne l'ont pas cru et l'ont critiquée violemment.




Cela fait beaucoup de causes secondaires, beaucoup d'influences qui se sont exercées sur les prêtres, sur les futurs prêtres, qui se sont insérées dans la doctrine et dans la morale catholiques.




Inventions ? Suppositions sans fondement ? Comment expliquer que des prêtres en soient arrivés à ne plus croire en la Présence réelle du Christ dans l'Eucharistie ? Qu'il y ait eu des « faux pas » dans la vie de chasteté de certains prêtres, c'est indéniable ! Ce sont des hommes, et combien d'homme mariés se « déplacent-ils » sans que cela soulève l'indignation générale ? Mais voir naître un mouvement puissant pour « le mariage des prêtres », pour « l'ordination sacerdotale des femmes » (« Cela se fait bien chez Protestants, ou chez les Anglicans », entend-on dire fréquemment), ne peut être un phénomène de « génération spontanée » : on peut, et on doit y voir la « griffe » du Malin, qui se sert des hommes pour orchestrer la destruction de l'Eglise, du sacerdoce d'abord, du sacrement de l'Eucharistie, de la consécration du prêtre à Dieu pour se mettre au service de tous !




UN EXEMPLE ! Ma paroisse d'origine a hérité d'un prêtre qui était tout d'abord vicaire à la cathédrale de Toul. L'Archiprêtre de la cathédrale, le Chanoine Forfert, que je connaissais bien, me dit alors : « Je vous souhaite bien du plaisir ; je l'ai eu comme vicaire, et j'ai demandé d'en être libéré : c'est un mélange de communiste et de protestant ! Attention ! C'EST UN MENEUR ! ».



De fait, il a détruit une paroisse qui était un modèle de pratique religieuse (50%, répartie entre le haut et le bas du village). Maman a écrit à l'Evêque de Nancy de l'époque, Mgr Bernard, et à l'Archevêque de Besançon, Mgr Lallier, ancien Evêque de Nancy. Elle a reçu une réponse la remerciant de sa lettre : « Que voulez-vous que nous fassions de Monsieur le curé. Si nous le mettons dans une autre paroisse, il la détruira » ! Ahurissant : quand dans une entreprise quelqu'un ne fonctionne pas du tout, le nomme-t-on Président Directeur Général ? Il est mis à la porte tout simplement.




Le Jeudi Saint 1967, j'étais prêtre depuis un an, j'assistais à la messe « in Cena Domini », la messe du Jeudi-Saint, au cours de laquelle on rappelle l'Institution du sacerdoce et de l'Eucharistie, et le Lavement des pieds.




Dans l'homélie, commentaire de la Lettre de saint Paul aux Corinthiens, rappelant ce qu'il avait lui-même reçu à propos de l'Institution de l'Eucharistie : le curé, déclara, entres autres choses (j'abrège !) : « Il ne dépend pas du prêtre qui dit "ceci est mon corps, ceci est mon sang" qu'il y ait l'eucharistie : cela dépend de la foi ou de la charité du fidèle. Si quelqu'un n'a pas la charité, et qu'il vient communier, il ne reçoit pas le corps du Christ ». Et d'ajouter, à propos de la sainte Réserve, conservée dans le Tabernacle : « Le tabernacle contient seulement du pain, le 'viatique', une nourriture spirituelle pour ceux qui sont sur le point de faire le grand voyage. Et de même que vous ne faites pas de génuflexion devant un frigidaire, parce que c'est un garde-manger, vous ne devez pas faire de génuflexion devant le tabernacle car c'est un garde-manger ».




« Monsieur le Curé, vous êtes hérétique, vous n'êtes plus catholique ! » Je n'avais pu me taire, et l'avais interrompu. Après la messe, la discussion fut animée. Il reprit le même commentaire pendant l'Heure Sainte de 23 heures à minuit (car il était prudent, et maintenait certaines pratiques pour ne pas choquer les fidèles... Le « meneur » habile dont parlait le Chanoine Forfert). La discussion qui suivit dura jusque 2 heures 15, dehors, sous un vent glacial. Je l'ai poussé dans ses derniers retranchements, sur des questions précises : il ne croyait pas à la Virginité de Marie, à l'Infaillibilité pontificale, à la nécessité de la chasteté pour le prêtre, à l'enfer, à la nécessité du prêtre dans l'Eglise etc. : « Heureusement le nombre des prêtres diminue. L'Eglise va enfin retrouver ainsi le 'sacerdoce commun des fidèles' : chaque fidèle est prêtre par son Baptême. Et tu verras, me dit-il avec force, et insistance : sous peu, chaque prêtre célébrera l'eucharistie chez lui au cours du repas, comme l'a fait Christ (les protestants disent « Christ, et non pas « le Christ ») ET POUR PREPARER CETTE ETAPE IMPORTANTE, NOUSALLONS INTRODUIRE LA COMMUNION DANS LA MAIN ».




« NOUS ALLONS » : NOUS : c'était un aveu ! Je le lui avais fait dire. Et j'ajoutais, en conclusion « ALORS, MONSIEUR LE CURE NOUS N'aurons plus la même religion ! NOUS NE L'AVONS DEJA PLUS ! ».




La distribution de la communion dans la main, qui avait commencé sans permission, illégalement à Fontainebleau, sera officiellement permise trois ans plus tard environ, comme « droit » des fidèles et non pas comme « indult », comme dut le rappeler le Pape Benoît XVI, bien plus tard, par l'intermédiaire de Mgr Guido Marini, son Maître des Cérémonies.




UNE AUTRE EXEMPLE ? Nous sommes au mois de mars 1969, dans le petit village de Velaines, près de Ligny-en-Barrois. Ma famille est moi-même étions venus pour les funérailles d'un cousin de Papa, un « dur » de la Guerre de 1914, blessé de guerre, et bon catholique.




La Messe était célébrée par le curé, en présence du Doyen. J'étais au premier rang, du côté des hommes, après Papa et mon frère. Une messe curieuse, pleine de surprises. Première lecture : j'entends lire un long texte, que je croyais être une introduction ; on y parlait de « cercueil » ! Curieux. Puis la finale : « Parole du Seigneur ». C'était la Lecture ! La Prière Eucharistique (le Canon Romain) avait introduit des prières que je ne connaissais pas. Je commençais à m'agiter. Mais, les Paroles de la Consécration étaient celles prescrites par la Liturgie.




Après la distribution de la sainte Communion, le prêtre remonte à l'autel, ferme le ciboire qui restait sur l'autel, met le voile sur le calice, sans faire les ablutions et s'apprête à terminer la messe. Je passe devant mon frère, devant Papa, et, en soutane je monte à l'autel, et dit au prêtre à voix haute : « Vous allez remettre le ciboire dans la Tabernacle, et purifier le Calice ». Sans un mot, il prend l'un et l'autre et se dirige vers la sacristie !




Une seconde d'hésitation de ma part, et je le suis : quand j'arrive, il est en train d'ouvrir un tiroir rempli d'hosties non consacrées, et s'apprête à verser le ciboire dans ce tiroir. Une sainte colère fondit sur moi : je le saisis par les épaules en lui disant (que le Seigneur me pardonne et que le lecteur m'excuse) : « Si vous ne reportez le ciboire dans la tabernacle, je vous casse la gueule ! » (Et je l'aurais fait). Je l'ai traîné en le tirant pas l'épaule dans le choeur de l'église, devant toute l'assistance, et l'ai obligé à remettre le ciboire dans le tabernacle. J'avais pris en passant le calice, que j'ai purifié. C'était vraiment le cas de le dire : calice d'une saleté repoussante, plein de vert de gris ! Quelle horreur !




Mais ce n'était pas fini : au cimetière, le Doyen s'approche de moi et me dit : JE NE COMPRENDS PAS VOTRE INTERVENTION INADMISSIBLE, CAR TOUT LE MONDE SAIT BIEN QUE, APRES LA MESSE IL N'Y A PLUS DE PRESENCE RELLE ».




Mon frère m'a ceinturé les bras, par prudence.







ENCORE QUELQUES EXEMPLES !




Nous nous étonnons que les prêtres ne savent presque plus rien. Savez-vous qu'à Saint-Sulpice, il est des traités de théologie que nous n'avons jamais étudiés : celui concernant la Vierge Marie, la Mariologie (A Saint-Sulpice ! Monsieur Ollier doit se retourner dans sa tombe) ; le traité sur les fins dernières (ciel, purgatoire et enfer).




Pourquoi d'ailleurs faire ce traité : le Père Congar n'a-t-il pas déclaré devant nous tous, jeunes prêtres, que l'enfer n'existait pas, que l'enfer c'était la vie sur cette terre, et que l'on en sortait quand on mourait, et que l'on entrait alors dans la Maison du Père. Et d'ajouter : « d'ailleurs, si l'enfer existait, il serait vide, Dieu est tellement bon ! » (avec un sourire béat !). Parole du P. Congar.




Le traité de morale s'est borné à étudier les trois vertus théologales ; Foi, Espérance et Charité ! Le traité sur le mariage ? Le professeur a demandé aux élèves : « Comment voulez-vous que nous étudions ce traité : d'une manière théologique, ou pastorale ? ». On est passé aux voix : 25 pour une manière pastorale et 24 pour une manière théologique. Pendant quatre mois, nous avons entendu parler de tous les moyens de contraception connus alors, avec leurs avantages, et leurs inconvénients, le tout exposé par des médecins et des couples mariés.




Un jour, je suis allé chez mon Directeur de conscience, hors de moi et je lui ai dit : « Mon Père, cela suffit : je puis vous dire tout ce qu'il faut faire pour avoir un enfant, ou plutôt pour ne pas en avoir, mais je ne puis vous dire ce qu'est le mariage. Pas une seul fois je n'ai entendu parler de la doctrine de l'Eglise ni du Concile de Trente ! ».




Durant mes trois années de théologie à Saint-Sulpice j'ai entendu tellement de choses effarantes, que j'ai pris quelques notes ! Je garantis la vérité de ce que j'écris, car je l'ai entendu affirmer par des séminaristes qui sont devenus prêtres. Je demande au lecteur de bien vouloir excuser ma « fidélité »à retransmettre certaines paroles. J'ai enlevé les noms, bien sûr ! Par délicatesse et par charité : Veritas in Caritate ! La Vérité dans la charité.




Jeudi 11 mars 1965 (retraite d'ordination pour de futurs Diacres) : « Ce qui m'ennuie le plus dans le diaconat, c'est le baptême, car cela va contre ma théologie : par exemple, les exorcismes. Je les ferai parce qu'il faut les faire, mais ce sera du théâtre car je ne crois pas au Démon. Il n'existe pas ; et même s'il existait, il n'habiterait pas chez un enfant non baptisé ».




Le 12 mars 1965 (le même, à propos des nouveaux rites de la réforme de la messe, de 1965) : « Pour l'instant, nous n'avons pas les emmerdements de dire la messe. Apprendre à dire la Messe de différentes façons ! J'en apprendrai une seule, et puis, je ne célébrerai que le dimanche et de temps à autre si des gens le demandent ; mais jamais de messes privées. »




Le 15 mars 1965 : (diacre depuis quelques jours) : Je suis en train de lire un livre orthodoxe sur le mariage et la chasteté. En le lisant, j'ai compris que depuis XX siècles l'Eglise imposait à ses prêtres une chose contre nature, le célibat des prêtres. Cela ne tient pas debout et ne ressemble à rien. Il faut en terminer avec cette mentalité qui voit dans tout acte charnel un péché et un empêchement pour prier Dieu et le servir. On dit, et c'est le Pontifical qui le dit : il faut être pur pour approcher de l'autel : Comme si le mariage souillait ! Il est grand temps que l'Eglise comprenne son erreur. L'Eglise a fait des relations charnelles un péché, mortel dans certains cas ! »




(Un tiers intervient : « Moi, de toute façon, je ne crois pas au péché mortel car il faut trois conditions pour qu'il soit réalisé, dont l'usage de la liberté. Nous ne sommes pas libres, et donc nous ne pouvons pas commettre de péché mortel »




(Moi : « si on parle de péché, il faut au moins penser au péché de Satan ! »

« A la rigueur, si tu crois à Satan. Mais Satan existe-t-il ? Je n'y crois pas quant à moi ! »




(Moi : « mais il y aussi le péché des Anges déchus ! »

« Alors là, laisse-moi rigoler, à la rigueur pour Satan, mais dire que les Anges existent, c'est du folklore ! »




(Moi : il y a aussi le péché d'Adam, qui lui, au moins n'était pas encore diminué par le mal !

« C'est vrai, mais le problème est de savoir si Adam a existé ! Non, tu vois, on ne peut pas penser sérieusement, avec les découvertes de la science moderne, qu'il n'y a eu qu'un seul couple à l'origine. Cela ne fait pas sérieux ! Tu crois au péché mortel, toi ? Moi, je n'y crois pas ; c'est une manière commode pour expliquer le mal dans le monde, une sorte de mythe.

« Note bien qu'en disant cela je suis conscient d'avoir contre moi 90% des théologiens »




(Moi : « dans ce cas, t'es-tu posé la question de savoir qui se trompait ? »

« Cela ne fait aucun doute : c'est moi qui ai raison, car les dogmes évoluent suivant les découvertes et les modes nouveaux de pensée. Je suis persuadé que, dans quelques années 90% auront évolué et penseront comme moi. La preuve en est le cas de Galilée ! C'est bien pourquoi je pense que l'Eglise, d'ici peu, rejettera la chasteté comme absurde, pour en revenir à une saine et objective théologie du mariage. On y vient doucement ; il n'y a qu'à regarder au Concile. Prenons un autre exemple, la limitation des naissances ; la pilule contraceptive est maintenant conseillée par de plus en plus de prêtres. Pour ma part, je n'hésiterais pas à la conseiller ! »




9 mars 1965 : « Moi, de toute façon, je ne crois pas à la Vierge. Regardez Fatima, par exemple, ce n'est pas de foi, ni Lourdes. »




Moi : « oui, mais l'Eglise les a reconnues comme dignes de foi ».

« Elle en est bien revenue depuis. Pour Fatima, par exemple, le Secret devait être ouvert en 1969. On n'a rien vu jusqu'à présent ! La raison en est que le pape l'a ouvert, et c'est certain, mais quand il a vu les conneries qui s'y trouvaient racontées, il a préféré le garder pour lui, pour ne pas ridiculiser l'Eglise. »




2° dimanche d'octobre 1964

(Dans le courant de la conversation) : « Je ne crois que ce qui est dans l'Ecriture. La dévotion au Sacré-Cœur ? Tu rigoles ! Tu trouves dans le Nouveau testament qu'on doit adorer le cœur de Jésus ? Pourquoi pas ses pieds [suivent quelques blasphèmes que l'on épargnera au lecteur] ? »




Je protestais vivement contre ces blasphèmes



« Il n'y a pas de blasphème là-dedans : Marie et Joseph étaient mariés. Quand on est mariés, qu'est-ce qu'on fait. On couche ensemble. Et puis, pour que leur mariage soit valide, il faut bien qu'ils aient consommé leur union. Tout le monde se doute bien qu'ils ont dû avoir des rapports sexuels après la naissance de Jésus ; un homme n'aurait pas pu vivre à côté d'une femme sans rien faire. D'ailleurs s Dieu a permis que Jésus naisse sans enlever la virginité de Marie, il a bien pu la conserver quand ils ont couché ensemble. Si Jésus est passé par là, cela a pu être pareil pour le reste. De toute façon, il faut comprendre la virginité non pas dans un sens physique, c'est une virginité du cœur, et je n'ai pas hésité une seconde à enseigner cela au catéchisme. Et pour nous, c'est la même chose : notre chasteté est une chasteté du cœur, c'est normal. D'ailleurs pour tout dire, il y a belle lurette que ne suis plus puceau. »

Dans la même conversation, le même a nié l'Enfer, le Purgatoire, le péché originel, Satan, les Anges etc.




Début 1965 : (à table)

« La virginité de Marie avant, pendant et après ? Avant ? À la rigueur, mais pendant et après, c'est impossible ; d'ailleurs ce n'est pas de foi. »




24 mars 1965 : fête de Sant Gabriel : quel Ange est apparu à saint Joseph : « Pour moi, les Anges n'existent pas ; c'est donc que Joseph avait bu un coup de trop et qu'il avait cru voir un ange »




Mai 1964 : Sortie d'année à Fontainebleau : S'adressant à moi : « Tu ne vas tout de même pas venir en soutane. En tout cas, on ne te veut pas si tu ne viens pas en civil ! »




Novembre 1963 (un séminariste d'un milieu très bourgeois) : « la soutane est un habit bourgeois qui nous empêche d'aller chez les ouvriers. Quand l'ouvrier nous voit avec, il sait qui nous sommes et cela lui donne un complexe d'infériorité, car il sait que nous sommes plus intelligents que lui. C'est comme un mur qui nous sépare ; tandis qu'avec l'habit civil, on st de son milieu, la glace est rompue. »




Octobre 1964 (un jeune prêtre) : « Il faut éduquer les chrétiens. Ils viennent nous casser les pieds en confession : j'ai juré, j'ai mangé gras le vendredi, j'ai dit des paroles grossières, j'ai trompé ma femme... La barbe avec ces broutilles ! »




Conclusion par le Cardinal Thiandoum (ancien Archevêque de Dakar, successeur de Mgr Marcel Lefebvre pour qui il avait une affection profonde), et à qui j'avais montré ces textes lors de l'un des passages à Ecône :



« En lisant les extraits de ces conversation, j'ai eu des sentiments de :

Stupéfaction

D'indignation

Et aussi de peur : les diseurs de telles monstruosités sont-ils devenus prêtres ?

Dans tous les cas, tout se paie : « qui sème du vent récolte le tempête ! » Et c'est vrai aussi dans l'Eglise.

Mais c'est autrement plus grave quand il s'agit des âmes.

Avec l'assurance de ma prière fidèle et la joie de vous avoir rencontré.

21-IX-1971 + Thiandoum, Archevêque de Dakar




CONCLUSION



Comme je l'ai dit plus haut « Veritas in Caritate » : la Vérité dans la Charité.

Je n'ai rien écrit de tout cela pour susciter le scandale ou l'indignation.

Mais bien plutôt la pitié : « J'ai pitié de cette foule », disait Jésus !

Gardons-nous bien d'une réaction violente, d'un jugement sans appel.

Celui qui n'a jamais péché, qu'il jette le premier sa pierre.




Ce qui a été rapporté ici est pour aider à comprendre combien le mal est profond.

Combien Lucifer fait tout pour détruire le sacerdoce.

Pour détruire l'Eglise de Jésus-Christ.

Nous avons une certitude : les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle.

Alors ne jugeons pas.

Gardons-nous bien de juger.

Prions !

Prions pour les prêtres,

Pour leur sanctification,

Pour leur fidélité au Christ et à son Eglise,

Prions pour les prêtres qui sont tombés ou qui se sont égarés,

Et que celui qui est debout prenne garde de tomber lui aussi,

Suivons l'invitation du Saint-Père, le Pape Benoît XVI, en cette Année Sacerdotale placée sous le patronage du Saint Curé d'Ars.




Monseigneur Jacques Masson
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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyMer 12 Juin - 21:58

[quote="ChristianK"]Pour cette visite du Pape Jean Paul II à Sainte Croix en Jérusalem, des amis m’avaient donné la consigne suivante : « Dites simplement au Saint-Père : J’ai été le premier Supérieur du Séminaire d’Ecône ».




Le Saint-Père sort de la sacristie, et me trouve devant lui, avec les séminaristes qui m’entourent. Je lui dis le « Mot magique » : « J’ai été le premier Supérieur d’Ecône » :









« J’ai été le premier Supérieur d’Ecône »

(Le Saint-Père, avec l'auteur. Derrière : Mgr Jacques Martin)




Le Saint-Père s’arrête alors, me pose un flot de questions. Puis il fait le tour des séminaristes pour les interroger sur leur situation et préciser mes dires.








Le Saint-Père interroge les séminaristes



Puis le Saint-Père revient vers moi. Il me dit : - « Et vous, quelle est votre situation ». - « Mon Evêque refuse de me donner un ministère dans le diocèse ». - « Qui est votre Evêque ? ». - « L’Evêque de Meaux ». Monseigneur Jacques Martin (futur Cardinal Jacques Martin) intervient alors : - « Le diocèse de Bossuet Très Saint-Père ! Ce que l’Abbé Masson vous dit est vrai, car je le suis depuis son arrivée à Rome ».






« Et vous, quelle est votre situation ? »




Le Saint-Père alors de se tourner vers le Cardinal Ugo Poletti, son Vicaire Général pour le Diocèse de Rome, et lui dit : -« Faites incardiner Monsieur l’Abbé Masson dans le Diocèse de Rome. Il a fait un long chemin, et il a assez souffert ! ». Puis, se tournant vers moi, il me dit, avec un grand sourire, plein de malice, d’affection et de « complicité » :« Comme cela vous échapperez à la tyrannie des Evêques de France ! » (sic !)





Parole de Pape.







[Je ferme la parenthèse]




*

*    *



Devant le refus de Mgr Kuehn de me donner un ministère je lui ai proposé de me laisser reprendre les études en théologie. Après une longue discussion sur les différentes Universités, j’obtins de venir à Rome.




Et c’est ainsi que je me retrouvais à Rome, guidé, je le crois, par la Providence. Mais, les séminaristes qui étaient partis avec moi, en même temps que moi ? Il y eut des contacts entrel’Evêque de Meaux, et Monseigneur Bernard, Evêque de Nancy. Il y eut même une réunion pour étudier cette question, avec les deux Evêques, les séminaristes, et des parents dans les Vosges, au Valtin, dans une maison, propriété de Mgr Kuehn. Beaucoup de promesses furent faites, des engagements à respecter la « sensibilité spirituelle » de ces jeunes, de reconnaître leurs études à Ecône, le port de la soutane, de les faire accepter au Séminaire Français de Rome, etc. C’était prometteur, c’était PROMIS.




Mais, il y avait d’autres Evêques en France. Dont Mgr Vilnet, alors Evêque de Saint Dié [qui avait eu Mgr Kuehn comme Vicaire Général], et qui déclara [Monseigneur Kuehn, en personne, m’a rapporté ses paroles début septembre 1974] :« La France n’a pas besoin de prêtres pieux et traditionnalistes. Il faut les envoyer au Vietnam qui est encore un Pays pieux » (sic !).







MgrVilnet





Tout ce qui avait été promis au Valtin, fut renié, quelques jours avant la rentrée universitaire, la rentrée au Séminaire Français : pas de reconnaissance des études faites, pas de soutane ni même de clergyman, une année de « mise à l’essai »pour « remettre ces jeunes dans la voie droite », les« désintoxiquer » [« un palier de désintoxication » déclara un jour Mgr Etchegaray, lors d’un repas-entretien à la Trinité des Monts avec Mgr Arrighi, pour étudier le problème des séminaristes venus d’Ecône, et ceux qui ne voulaient ni d’Ecône, ni des séminaires de France]. Mais la Providence veillait sur ces jeunes, et une solution serait trouvée. Peut-être en parlerai-je plus tard…




Non, un prêtre « catholique » ne pouvait pas rester en France sans y perdre sa santé, sa sérénité ! Mais les séminaristes qui étaient encore au petit séminaire de Meaux ? J’y arrive, tout doucement, tout comme au titre donné à ces « Souvenirs » ou « Mémoires » (à suivre).




Mgr J. Masson

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Commentaire de Christian: Si l'Evêque Vilnet, qui fut président de conférence épiscopale, a vraiment parlé contre la piété des ptres, alors de 2 choses l'une: soit il souffrait de la maladie mentale postconciliaire locale, soit il s'agissait de criminalité spirituelle, de grand banditisme...
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ChristianK



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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyJeu 13 Juin - 0:22

Jacques Masson a fini par revenir à la maison, dans son diocese de Nancy, et en Latin-Grégorien, avec un confrère en soutane, dans une chapellenie consaccrée à la forme extraordinaire du rite occupant une belle église... La boucle était bouclée entre 1956 et son entrée au séminaire de l'Asnée en banlieue de Nancy, et ses funérailles de 2010 au centre-ville, au milieu de ceux qui furent toujours ses amis.

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Homélie de M. l'Abbé Husson aux obsèques de Mgr Masson

27 OCTOBRE 2010

Rédigé par L'Equipe d'Hermas et publié depuis Overblog




(23 octobre 2010)



Traditionnellement, mes frères, l’Eglise ne souhaite pas que l’on prononce un éloge du défunt. Mais en pensant à la parabole des talents, que j’ai souvent citée ces derniers dimanches, je ne peux pas résister à la tentation de l’appliquer à celui qui nous a quittés. Car s’il y a des hommes qui reçoivent sur terre beaucoup de talents à faire fructifier, ce sont bien les prêtres.



Mgr Masson a toujours été droit dans sa soutane, si vous me permettez l’expression, ce que notre quotidien régional n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler [Est-Républicain, 19 oct. 2010]. Après ses débuts de séminaire à Nancy en 1956, il a dû, par fidélité à ses convictions, s’exiler de sa patrie pour gagner la France lointaine. Il a lui-même raconté toutes les difficultés que pouvait rencontrer un jeune prêtre dans les années soixante, et cette fidélité l’a conduit encore une fois à l’exil lorsqu’il décida de rejoindre Mgr Lefebvre à Ecône pour participer à la fondation de ce qu’on a appelé en France le « séminaire sauvage ». Dans cet exil, il n’avait qu’un but : la formation des prêtres dans la fidélité au Christ et à l’Eglise. Et c’est ainsi qu’il devint le premier directeur du séminaire d’Ecône.



En 1973, il vint à Rome et commença sa longue carrière à la Congrégation pour la Propagation de la Foi, tout en continuant de suivre et de guider de nombreux jeunes prêtres et séminaristes : sa fidélité en faisait malheureusement un paria. Au séminaire français, nous étions particulièrement avertis qu’il nous était interdit de le rencontrer et, à la différence des autres prêtres français résidant à Rome, il n’y était jamais invité. A côté de son ministère romain, il est régulièrement revenu dans sa patrie lorraine, les fidèles de l’abbé Homé à Essey et de l’abbé Hacquard à Neuviller peuvent en témoigner.



Sa retraite en 2007 ne fut pas inactive : son nom apparaît sur internet. De nombreux articles, des commentaires de la Bible, de la Liturgie, des enseignements sur la sainte Vierge et les saints anges l’ont rendu célèbre sur la toile francophone. Sans compter ses souvenirs, son témoignage sur la crise des années soixante et soixante-dix, des faits inédits enfin révélés l’an dernier et qui nous ont montré que cette époque fut difficile pour l’Eglise. Nous avons eu aussi la grande joie de le voir célébrer parmi nous : et comme il me l’avait confié, il avait été particulièrement heureux de fêter à notre autel notre sainte Mère du ciel à Saint-Pierre ce 15 août.



Ce qui marque les quarante-quatre années de sacerdoce de Mgr Masson, c’est d’avoir toujours voulu en conscience servir le Christ dans la fidélité à l’Eglise, ou bien servir l’Eglise dans la fidélité au Christ, cela revient au même : « Le Christ et l’Église, c’est tout un » comme disait Jeanne d’Arc devant ses juges, et Mgr Masson disait en plaisantant, qu’en bon Lorrain, il était du même sang que notre sainte nationale.



Fidélité au Christ et à l’Église, fidélité au Christ à l’image de cette béatitude que nous entendrons dans la bouche de Notre-Seigneur le jour de la Toussaint : « Heureux êtes-vous lorsqu’on vous persécute à cause de moi » (Matthieu, 5, 11) ; fidélité à l’Église en passant sa vie à faire fructifier les talents reçus, soit dans la formation des prêtres, soit dans le service du Saint-Siège, soit dans l’apostolat auprès des fidèles : nous pourrions donc dire qu’à nos yeux, il a mérité d’entendre les paroles de Notre-Seigneur : « Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton maître » (Matthieu, 5, 11).



Mais nous ne sommes pas réunis ici pour procéder à une canonisation, même si les cloches ont sonné à la volée selon la coutume de notre diocèse pour l’enterrement d’un prêtre. D’autant plus que Mgr Masson avait une haute idée des vérités de la foi de l’Eglise sur les fins dernières et la nécessité de prier pour les âmes du Purgatoire et que sa piété attendait de nous que nous mettions pour lui notre espérance et notre confiance dans la miséricorde et la bonté infinies du Christ, son Sauveur.



Nous sommes donc réunis pour prier pour un prêtre qui nous a quittés. Les fidèles demandent toujours aux prêtres de prier pour eux, mais souvent les prêtres se plaignent qu’on ne prie pas beaucoup, ou du moins pas assez pour eux. Tout prêtre est un homme, tout prêtre est un pécheur : c’est ce qui fait le mystère du sacerdoce du Christ confié à l’Église. Et parce qu’il a reçu beaucoup de talents, parce qu’il a donné entièrement sa vie au Christ, chacun des péchés d’un prêtre, chacune de ses faiblesses n’en prend que plus d’importance.



Le prêtre est un expert en péchés des hommes, expert en tentations et en ruses du démon, mais cela ne l’empêche pas de tomber aussi. Rares sont les hommes, même les prêtres, qui apparaissent dans une robe baptismale sans tache devant le Seigneur : saint Padre Pio le savait bien, lui qui se confessait tous les jours, alors qu’il était déjà pourtant devenu un modèle de sainteté pour les prêtres de son époque.



Face à l’amour infini de Dieu, l’âme du prêtre, au moment de sa mort, ne peut que constater que, parce qu’il s’est donné entièrement au Christ, parce qu’il a été configuré au Christ souverain Prêtre, chacun des moments de sa vie humaine passé sans penser au Christ, sans agir pour le Christ, sans être un ‘autre Christ’ pour les hommes, est un peu comme un vol, en tout cas un manquement à l’offrande totale qu’il a faite de sa vie au Seigneur.



Le sacerdoce est un trésor confié par le Christ à des vases d’argiles, saint Paul le dit lui-même : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais Jésus-Christ notre Seigneur, et nous, nous sommes vos serviteurs en Jésus : Dieu a fait luire sa clarté dans nos cœurs, pour que nous fassions briller la connaissance de la gloire de Dieu en la personne du Christ Jésus. Mais nous avons ce trésor dans des vases d’argile, afin que la grandeur appartienne à la puissance de Dieu, et non pas à nous » (II Cor. 4, 5-7). Et même avec la meilleure volonté du monde, un vase d’argile s’use, s’ébrèche, se fend : on peut le recoller, et la grâce de Dieu, par la vie de prière et de sacrements du prêtre, la grâce de Dieu le répare souvent. Mais il n’en reste pas moins que tout prêtre est le destinataire en propre de cette parole de Notre-Seigneur : « A quiconque beaucoup aura été donné, beaucoup sera demandé ; et de celui à qui on a confié beaucoup, on exigera davantage » (Luc. 12, 48).



Chaque jour à la sainte Messe, au bréviaire, le prêtre prie pour les âmes qui se confient à lui. Et au moment où l’heure vient (Jn. 5, 25), au moment où la trompette finale (I Cor. 15, 52) du jugement sonne pour le prêtre, au moment où il se présente pour rendre compte et de sa vie chrétienne et de son sacerdoce devant le souverain Prêtre qui a tout pouvoir pour exercer le jugement (Cf. Jn. 5, 27), à ce moment là, nous devons prier pour celui qui a passé sa vie à prier et s’offrir pour nous.



Oui, mes frères, il nous faut prier, il nous faudra toujours prier et ne pas oublier dans nos intentions Mgr Masson et avec lui tous les prêtres que nous avons connus et aimés, qui nous ont guidés sur le chemin du Christ et servi de modèles dans notre vie chrétienne et pour nous, jeunes prêtres et diacres ici présents, de modèles de vie sacerdotale donnée à Dieu.



Chaque jour, Mgr Masson se confiait à St Michel, particulièrement pour surmonter sa maladie – non pas pour ne plus souffrir mais simplement pour continuer de servir Dieu le plus longtemps possible. St Michel, qui, comme un signe du ciel, est venu saisir l’âme de Mgr Masson le jour-même où l’on commémore dans l’Église la dédicace de son abbatiale au Mont-Saint-Michel. Les tous derniers articles que Mgr Masson a publiés manifestaient sa dévotion profonde envers le Chef de la milice céleste ainsi que les autres Archanges et tous les Anges des cieux.



C’est le même st Michel que nous évoquerons à l’offertoire par deux fois : d’abord comme celui qui, brandissant l’étendard du Christ, introduit les âmes à la béatitude éternelle, puis comme l’intercesseur qui, à la droite de l’autel, pendant le saint Sacrifice, fait monter l’encens et nos prières devant la face de Dieu (Per intercessiónem beáti Michaélis… prière de bénédiction de l’encens.). Et tout au long de la célébration des obsèques, la sainte Eglise ne cesse d’appeler les saints Anges à l’aide pour l’âme chrétienne au moment de sa mort et c’est donc en la présence de la milice céleste que nous accompagnons aujourd’hui Mgr Masson pour son dernier voyage.



« Seigneur Jésus-Christ, Roi de gloire, délivrez les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l'enfer ; délivrez-les de la gueule du lion ; que l'abîme ne les engloutisse pas, qu'elles ne tombent pas dans les ténèbres, mais que le porte-enseigne saint Michel les introduise dans la sainte lumière » (Offertoire) : faisons nôtre ce matin cette prière de notre liturgie que nous allons chanter tout de suite. Par l’intercession de St Michel et des saints Anges qui escortent l’âme de celui qui nous a quittés. Par l’intercession de la Très Sainte Vierge que vénérait particulièrement Mgr Masson et qu’il voulait tant faire aimer des fidèles. Au pied de la Croix qui sera bientôt présente plantée sur notre autel par le saint sacrifice de la Messe, présentons nos prières au seul et unique Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ : qu’Il accueille son fidèle serviteur que Marie et saint Michel lui présentent maintenant, qu’Il l’accueille dans la vraie vie, dans la sainte lumière, la lumière éternelle dans la compagnie des Saints et qu’Il exauce ainsi la prière de toute la vie de ce prêtre fidèle : « Je veux vous chanter en présence des Anges, me prosterner  devant vous Seigneur, et rendre hommage à votre saint Nom » (Ps. 137, 1-2 : alléluia de la messe de dédicace du Mont-Saint-Michel).
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ChristianK



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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyJeu 20 Juin - 20:38

Masson écrit plus haut:
"Comment expliquer que des prêtres en soient arrivés à ne plus croire en la Présence réelle du Christ dans l'Eucharistie ? Qu'il y ait eu des « faux pas » dans la vie de chasteté de certains prêtres, c'est indéniable ! Ce sont des hommes, et combien d'homme mariés se « déplacent-ils » sans que cela soulève l'indignation générale ? Mais voir naître un mouvement puissant pour « le mariage des prêtres », pour « l'ordination sacerdotale des femmes » (« Cela se fait bien chez Protestants, ou chez les Anglicans », entend-on dire fréquemment), ne peut être un phénomène de « génération spontanée » : on peut, et on doit y voir la « griffe » du Malin, qui se sert des hommes pour orchestrer la destruction de l'Eglise, du sacerdoce d'abord, du sacrement de l'Eucharistie, de la consécration du prêtre à Dieu pour se mettre au service de tous !"

Ce type d'interprétation mystique de phénomènes en partie générationnels comme le reconnait l'auteur, est assez courant à la fsspx. Louis Rade (Eglise conciliaire et années 60, p. 227) le remarquait déjà pour le critiquer, pensant que cette explication vise beaucoup trop haut, la clef résidant en vulgaires pulsions de type 68ardistes.
Les choses sont plus vulgaires et terre à terre que ne le pense l'abbé Masson et ces troupeaux, dont ce type de clergé était une part, sont en processus d'élimination finale (2025 environ)

http://catholique.exprimetoi.net/t161-louis-rade-eglise-conciliaire-et-annees-soixante
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ChristianK



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MessageSujet: Re: Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson   Comment la génération défroquée a chassé l'abbé Masson EmptyMar 23 Juil - 5:22

J'écris plus haut:

___-______

Commentaire de Christian: Si l'Evêque Vilnet, qui fut président de conférence épiscopale, a vraiment parlé contre la piété des ptres, alors de 2 choses l'une: soit il souffrait de la maladie mentale postconciliaire locale, soit il s'agissait de criminalité spirituelle, de grand banditisme...


___________


eh bien en  95 Vilnet a   protesté devant  son propre évêché de Lille quand  Gaillot a été démis!!!


Il a été aussi président de conférence épiscopale dans les années 80....!
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