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 Dieu vengeur - Magistère II: Vertu de vengeance (S. Thomas)

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ChristianK
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Nombre de messages : 339
Religion : catholique
Date d'inscription : 16/07/2007

MessageSujet: Dieu vengeur - Magistère II: Vertu de vengeance (S. Thomas)   Lun 27 Aoû - 19:46

S. Thomas distingue une vertu de vengeance dans un texte lumineux. Il vaut la peine de citer 3 articles de la Somme (II-II) in extenso:

http://www.jesusmarie.com/thomas_d_aquin_somme_theologique_secundasecundae_q_101_110.html

QUESTION 108 : LA VENGEANCE
1. La vengeance est-elle licite ? - 2. Est-elle une vertu spéciale ? - 3. Comment exercer la vengeance ? - 4. Envers qui doit-on l’exercer ?

Article 1 : La vengeance est-elle licite?
Objections : 1. Il semble que non, car on pèche en usurpant ce qui appartient à Dieu. Or la vengeance lui appartient, car il est dit dans le Deutéronome (32, 35) : “ A moi la vengeance et la rétribution. ” Donc toute vengeance est illicite.
2. Ce dont on tire vengeance n’est pas tolérable. Or on doit tolérer les méchants. Car sur la parole du Cantique (2, 2) : “ Comme un lis parmi les épines ”, la Glose commente : “ Il n’est pas bon, celui qui ne peut tolérer les méchants. ” Donc on ne doit pas tirer vengeance des méchants.
3. La vengeance s’accomplit par des châtiments, qui inspirent la crainte servile. Mais, dit S. Augustin “ la loi nouvelle n’est pas une loi de crainte, mais d’amour. ” Donc, au moins sous la nouvelle alliance, on ne doit exercer aucune vengeance.
4. On dit qu’un homme se venge quand il punit les offenses qu’il a subies. Mais le juge lui-même n’a pas le droit de punir ceux qui pèchent contre lui. S. Jean Chrysostome dit en effet b : “ Apprenons par l’exemple du Christ à supporter avec magnanimité les offenses qui nous sont faites. Mais celles qui atteignent Dieu, nous ne devons pas même les entendre. ”
5. Le péché de la multitude est plus nuisible que le péché d’un seul. Or on lit dans l’Ecclésiastique (26, 5) : “ Trois choses me font peur : une calomnie qui court la ville, une émeute populaire, une fausse accusation. ” Or on ne doit pas tirer vengeance du péché de la multitude, car sur Matthieu (13, 29.30) : “ Laissez-les pousser ensemble, pour ne pas arracher le froment ”, la Glose explique : “ Il ne faut retrancher de la communauté ni la multitude ni le prince. ” Donc aucune autre vengeance n’est licite.
En sens contraire, on ne doit attendre de Dieu rien que de bon et de licite. Mais on doit attendre de lui la vengeance sur nos ennemis, car il est dit en Luc (1 8, 7) : “ Et Dieu ne vengerait pas ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? ” ce qui revient à dire : “ Au contraire, il le fera ” Donc la vengeance n’est pas par elle-même mauvaise et illicite.
Réponse : La vengeance se réalise par un mal de peine infligé au pécheur. Il faut donc considérer l’intention de celui qui l’exerce. Car si son intention se porte principalement sur le mal de celui dont il se venge, et s’attarde sur ce mal, c’est absolument illicite, parce que se réjouir du mal d’autrui relève de la haine, opposée à la charité dont nous devons chérir tous les hommes. Et ce n’est pas une excuse que de vouloir du mal à celui qui nous en a causé injustement, de même qu’on n’est pas excusé de haïr ceux qui nous haïssent. Un homme ne doit jamais pécher contre un autre sous prétexte que celui-ci a commencé de pécher contre lui, car c’est là se laisser vaincre par le mal, ce que l’Apôtre nous interdit (Rm 12, 21) : “ Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais triomphe du mal en faisant le bien. ” Mais si l’intention, dans la vengeance, se porte principalement sur un bien que doit procurer le châtiment du pécheur, par exemple son amendement, ou du moins sa répression, le repos des autres, le maintien de la justice et l’honneur de Dieu, la vengeance peut être licite, en observant les autres circonstances requises.
Solutions : 1. Celui qui, selon sa condition et son rang, exerce la vengeance contre les méchants, n’usurpe pas ce que Dieu s’est réservé, mais use d’un pouvoir que Dieu lui a concédé, comme il est dit du prince, dans l’épître aux Romains (1 3, 4), “ qu’il est le ministre de Dieu pour tirer vengeance de celui qui fait le mal. ” Mais exercer la vengeance en dehors de l’ordre établi par Dieu serait usurpation sur ses droits, et donc péché.
2. Les bons tolèrent les méchants en ce sens qu’ils supportent patiemment les offenses qui les atteignent personnellement, autant qu’il le faut ; mais cela ne signifie pas qu’ils doivent agir de même pour celles qui sont faites à Dieu ou au prochain. “ La patience à supporter les offenses qui s’adressent à nous, dit S. Chrysostome, c’est de la vertu; mais rester insensible à celles qui s’adressent à Dieu, c’est le comble de l’impiété. ”
3. La loi évangélique est une loi d’amour. C’est pourquoi ceux qui font le bien par amour, les seuls d’ailleurs qui appartiennent vraiment à l’Évangile, ne doivent pas être terrorisés par des menaces qu’il faut réserver à ceux que l’amour ne pousse pas à bien agir. Ceux-ci ont beau être comptés parmi les fidèles, ils n’en sont pas par le mérite.
4. Il peut arriver que l’offense faite à une personne rejaillisse sur Dieu et l’Église; cette personne doit alors venger l’injure qui lui est faite. C’est ainsi qu’Élie fit descendre le feu du ciel sur ceux qui venaient l’arrêter (2 R 1, 9 s.), qu’Élisée maudit les enfants qui se moquaient de lui (2 R 2, 23), et que le pape Silvestre excommunia ceux qui l’avaient condamné à l’exil. Mais dans la mesure où l’offense est purement personnelle, il faut la supporter avec patience, à moins d’avoir des raisons d’agir différemment. Car ces préceptes de patience doivent s’entendre en ce sens qu’il faut avoir l’âme prête à les observer quand les circonstances l’exigent, comme l’explique S. Augustin.
5. Quand la multitude tout entière a péché, la vengeance doit s’exercer, soit sur la totalité, comme il advint à l’armée de Pharaon engloutie dans la mer Rouge (Ex 14, 22), et de tous les habitants de Sodome, soit sur une partie notable, ainsi que fut punie l’adoration du veau d’or (Ex 32, 27). - D’autres fois, lorsqu’on peut espérer qu’un grand nombre viendront à résipiscence, la vengeance tombera sur quelques-uns des principaux coupables dont le châtiment effraiera les autres, comme nous le lisons dans les Nombres (25, 4) où Dieu ordonne de pendre les chefs pour le péché de la foule.
Si le péché n’a pas été commis par tous et s’il est possible de connaître les coupables, c’est sur eux que tombera la vengeance, à moins que cette rigueur ne risque de scandaliser les autres; car alors, mieux vaudrait renoncer à punir et accorder un pardon général.
Il en va de même pour le prince : il faut fermer les yeux si le châtiment de sa faute doit causer du trouble parmi le peuple; à moins que cette faute elle-même n’ait des effets spirituels ou temporels pires encore que le scandale à redresser.

Article 2 : La vengeance est-elle une vertu spéciale?
Objections : 1. Il apparaît que non, car de même qu’on récompense les bons d’avoir bien agi, on punit les mauvais pour leurs mauvaises actions. Mais la rétribution des bons ne relève pas d’une vertu spéciale, car elle est un acte de la justice commutative. Donc, au même titre, la vengeance ne doit pas être considérée comme une vertu spéciale.
2. Il n’y a pas lieu d’ordonner une vertu spéciale à un acte auquel l’homme est suffisamment disposé par d’autres vertus. Or pour venger le mal, l’homme est suffisamment disposé par les vertus de force et de zèle.
3. A toute vertu spéciale s’oppose un vice spécial. Mais on ne voit pas de vice qui s’oppose à la vengeance.
En sens contraire, Cicéron en fait une partie de la justice.
Réponse : Selon Aristote la nature nous donne des aptitudes pour la vertu qui reçoivent leur complément de l’habitude ou de toute autre cause. Les vertus viennent donc nous parfaire et nous permettre de suivre, d’une manière convenable, les penchants innés qui sont de droit naturel. À tout instinct nettement défini correspond donc une vertu spéciale. Or, nous sommes naturellement portés à repousser les choses nuisibles; c’est pour cela que les animaux sont doués de l’appétit irascible, distinct de l’appétit concupiscible. L’homme suit ce penchant en repoussant les offenses pour ne pas en être atteint, ou en les punissant s’il en a été atteint déjà, non pas dans l’intention de nuire, mais pour éviter d’en être victime. Cette manière d’agir constitue la vengeance qui, dit Cicéron, “ repousse et punit la violence, l’injustice et tout ce qui peut nuire ”. Elle est donc bien une vertu spéciale.
Solutions : 1. Le paiement d’une dette légale appartient à la justice commutative ; celui d’une dette morale, en réponse à un bienfait personnel, appartient à la reconnaissance. De même, le châtiment des fautes, quand il est infligé par le pouvoir social, est un acte de justice commutative ; quand il est le fait d’une personne privée qui se protège contre l’offense, c’est un acte de la vertu de vengeance.
2. La vertu de force est l’auxiliaire de la vengeance en dominant la crainte du danger à braver. Le zèle, à entendre par là un amour brûlant, est la racine première de la vengeance; on venge les injures faites à Dieu et au prochain, parce que la charité les considère comme nôtres. Or, tout acte de vertu a pour racine la charité, dit S. Grégoire : “ La bonne œuvre est un rameau sans verdure, si elle n’a pas la charité pour racine. ”
3. À la vengeance s’opposent deux vices. L’un par excès, qui est la cruauté ou sévérité, qui dépasse la mesure dans les châtiments. L’autre par défaut consiste à punir trop mollement, selon les Proverbes (13, 24) : “ Celui qui ménage la baguette hait son fils. ” La vertu de vengeance consiste en ce que, compte tenu de toutes les circonstances, on garde une juste mesure en exerçant la vengeance.

Article 3 : Comment exercer la vengeance?
Objections : 1. La vertu de vengeance ne doit pas imiter les châtiments habituels chez les hommes. Mettre à mort un homme c’est comme l’arracher. Or le Seigneur a interdit d’arracher l’ivraie, qui représente “ les fils du Mauvais ” (Mt 13, 29 s.). Donc on ne doit pas mettre à mort les pécheurs.
2. Tous ceux qui pèchent mortellement paraissent mériter le même châtiment. Donc, si quelques-uns de ceux qui pèchent mortellement sont punis de mort, il semble que la mort doit les punir tous. Ce qui est évidemment faux.
3. Lorsqu’on punit publiquement d’un péché, on met ce péché en évidence. Ce qui semble dangereux pour la multitude à qui cet exemple offre une occasion d’imiter le péché. Il apparaît donc qu’on ne doit infliger la peine de mort pour aucun péché.
En sens contraire, les mêmes châtiments sont édictés dans la loi divine, comme nous l’avons montré précédemment.
Réponse : La vengeance est licite et vertueuse dans la mesure où elle tend à réprimer le mal. Or certains, qui n’ont pas l’amour de la vertu, sont retenus de pécher par la crainte de perdre des biens qu’ils préfèrent à ceux qu’ils obtiennent par le péché ; autrement la crainte ne réprimerait pas le péché. C’est pourquoi la vengeance sur le péché doit s’exercer par la suppression de tout ce que l’on aime davantage. Or ce sont la vie, l’intégrité corporelle, la liberté et les biens extérieurs : richesse, patrie, réputation. A ce sujet S. Augustin cite Cicéron : “ Il y a dans les lois huit catégories de châtiments : la "mort" qui enlève la vie; "les fouets" et "le talion" (qui fait perdre "œil pour œil"), qui enlèvent l’intégrité corporelle; "l’esclavage et la captivité", qui enlèvent la liberté; "l’exil", qui éloigne de la patrie; "la confiscation", qui enlève les richesses; "le déshonneur", qui fait perdre la réputation. ”
Solutions : 1. Le Seigneur défend d’arracher l’ivraie quand on risque “ d’arracher aussi le froment ”. Mais il est parfois possible de supprimer les méchants par la mort, non seulement sans danger, mais avec grande utilité pour les bons. En pareil cas, on peut infliger la peine de mort.
2. Tous ceux qui pèchent mortellement sont dignes de la mort éternelle, à laquelle les condamnera, dans l’autre vie, “ le jugement de Dieu qui est selon la vérité ” (Rm 2, 2). Mais, en cette vie, les peines sont surtout médicinales. La peine de mort doit donc être réservée aux fautes qui nuisent gravement au prochain.
3. Quand la faute est rendue publique, mais que la peine l’est aussi, peine de mort ou autre châtiment dont les hommes ont horreur, leur volonté est par là même détournée de la faute; parce que la punition les effraie plus encore que la faute ne les attire

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ChristianK
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MessageSujet: Dieu vengeur-Magistère III: S. Thomas (suite)   Lun 27 Aoû - 19:53

En complément, quelques passages éclairants où il est question de vengeance:


http://www.jesusmarie.com/thomas_d_aquin_somme_theologique_secundasecundae_q_151_160.html


QUESTION 158 : LA COLÈRE

Article 1 : Peut-il être permis de se mettre en colère ?
……
En sens contraire, Chrysostome dit en commentant S. Matthieu : " Celui qui s’irrite sans motif sera coupable, mais celui qui le fait avec raison ne sera pas coupable. Car si la colère n’existe pas, ni l’instruction ne progresse, ni les jugements ne sont portés, ni les crimes ne sont réprimés. " Se mettre en colère n’est donc pas toujours un mal.
Réponse : La colère (ira) est à proprement parler une passion de l’appétit sensible, d’où la faculté de l’" irascible " tire son nom, comme on l’a vu dans le traité des passions. Or, en ce qui concerne les passions de l’âme, il faut voir que le mal peut se trouver en elles de deux façons. D’une première façon, en raison de la nature même de la passion, qui se détermine par son objet. C’est ainsi que l’envie, selon son espèce, comporte un certain mal ; elle est en effet une tristesse du bien des autres, ce qui, en soi, est contraire à la raison. C’est pourquoi l’envie, " à peine nommée, suggère aussitôt quelque chose de mal ", dit Aristote. Mais cela ne s’applique pas à la colère, qui est un appétit de vengeance. En effet, le désir de vengeance peut être bon ou mauvais. Le mal se trouve aussi dans une passion selon la quantité de celle-ci, c’est-à-dire selon sa surabondance ou son défaut. C’est ainsi que le mal peut se trouver dans la colère, par exemple, lorsque quelqu’un se met trop ou pas assez en colère, sortant de la mesure de la droite raison. Mais si l’on s’irrite selon la droite raison, se mettre en colère est louable.
….

Article 2 : La colère est-elle un péché ?
….
Réponse : La colère, on l’a vu, désigne proprement une passion. Or une passion de l’appétit sensible est bonne pour autant qu’elle est réglée par la raison ; mais si elle exclut l’ordre de la raison, elle est mauvaise. Or dans la colère l’ordre de la raison peut se rapporter à deux choses 1° A la chose désirable vers laquelle on tend, et qui est la vengeance. Si l’on désire que la vengeance se fasse selon l’ordre de la raison, l’appétit de colère est louable, et on l’appelle " colère provoquée par le zèle ". Mais si l’on désire que, de quelque manière, la vengeance se fasse contre l’ordre de la raison, si par exemple on désire punir quelqu’un qui ne l’a pas mérité, ou plus qu’il ne l’a mérité, ou encore ne pas le faire selon l’ordre légitime, ou non en vue de la juste fin, qui est la conservation de la justice et la correction de la faute, l’appétit de colère sera vicieux. Et on l’appelle " colère provoquée par le vice ".
2° L’ordre de la raison, en ce qui concerne la colère, se rapporte aussi à la mesure à garder dans la colère, en sorte que, par exemple, le mouvement de colère ne s’enflamme pas de façon immodérée, ni intérieurement ni extérieurement. Si cela est oublié, la colère ne sera pas sans péché, même si l’on recherche une juste vengeance.
……

Article 3 : Toute colère est-elle péché mortel ?

….Réponse : Un mouvement de colère peut être un désordre et un péché de deux façons, nous l’avons dit :
1° Du côté de ce que l’on désire, lorsque par exemple on désire une injuste vengeance. La colère est alors, par sa nature, péché mortel, car elle est contraire à la charité et à la justice. Il peut arriver cependant qu’un tel désir soit un péché veniel, à cause de l’imperfection de l’acte. Cette imperfection se prend ou bien du côté du sujet qui désire, lorsque, par exemple, le mouvement de colère devance le jugement de la raison, ou bien du côté de la chose désirée, lorsque l’on a la volonté de se venger dans une question minime, qu’il faut considérer comme rien, au point que cette volonté, même mise à exécution, ne serait pas un péché mortel : lorsque, par exemple, on tire un peu les cheveux à un enfant, ou autre chose semblable.
2° Le mouvement de colère peut être désordonné quant au mode de se mettre en colère, lorsque, par exemple, on se met intérieurement trop ardemment en colère, ou lorsqu’on manifeste extérieurement trop de signes de colère. Alors, la colère n’a pas en soi, par sa nature, raison de péché mortel. Il peut cependant arriver qu’elle soit péché mortel, si, par exemple, à cause de l’impétuosité de la colère, on se détache de l’amour de Dieu et du prochain.
…..

Article 4 : La colère est-elle le plus grave des péchés ?

Réponse : Comme nous l’avons dit, le désordre de la colère se considère de deux points de vue : selon le caractère indu de ce qu’elle désire, et selon la façon indue dont elle se produit. Si l’on considère ce que désire l’homme irrité, la colère paraît être le moindre des péchés. La colère désire en effet le mal de la peine d’autrui sous l’aspect du bien qu’est la vengeance. C’est pourquoi, du côté du mal qu’elle désire, le péché de colère se rencontre avec ces péchés qui recherchent le mal du prochain, par exemple avec l’envie et la haine. Mais la haine veut le mal d’autrui de façon absolue, en tant que tel ; l’envieux, lui, veut le mal d’autrui à cause du désir de sa propre gloire ; tandis que le coléreux veut le mal d’autrui sous l’aspect de la juste vengeance. Il est donc clair que la haine est plus grave que l’envie, et l’envie plus grave que la colère….
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MessageSujet: Re: Dieu vengeur - Magistère II: Vertu de vengeance (S. Thomas)   Mer 3 Aoû - 19:55

Voici une citation intéressante qui distingue (trop subtilement à mon avis) la vindicte de la vengeance.

Elle provient du manuel de philo ad mentem Thomae , dont on a dit exagérément beaucoup de mal car il a énormément de substance, de Mgr Henri Grenier (sém. de Québec) en usage dans les collèges dans les annnées 1940-1950.

Cours de philo, tome II, p. 187:

"les vertus ayant pour objet une dette non rigoureuse... se divisent en 2 classes:
les unes sans lesquelles on ne peut conserver l'honnêteté ni satisfaire aux exigences de la vie en société
...
Les premières sont:

A) la gratitude ou reconnaissance, vertu par laquelle nous payons en bien une bonne action...

B) la vindicte ou vengeance vertueuse, vertu par laquelle nous payons de retour le mal. Exercer la vindicte c'est punir le tort qui a été fait. Et c'est la un acte vertueux, si on entend empêcher le malfaiteur de nuire et assurer le repos d'autrui.
Le magistrat... punit le mal. Il n'exerce pas par la la vindicte, mais pose un acte de stricte justice. La vindicte est la vertu propre de la personne privée qui venge le mal soit en se défendant soit en recourant au magistrat.
Enfin la vindicte ne réprime pas le mal en tant qu'il est nuisible au malfaiteur - c'est là l'office propre de la correction fraternelle - mais en tant qu'il est nuisible à l'auteur de la vindicte ou à d'autres.
La vindicte est donc une vertu par laquelle la personne privée... réprime le mal"
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Dieu vengeur - Magistère II: Vertu de vengeance (S. Thomas)
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